Les Etats de plus en plus dépendants de prêteurs versatiles

AWP/AFP

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L’OCDE chiffre à 61’000 milliards de dollars l’encours des obligations de ses 38 Etats membres en 2025.

Les Etats sont de plus en plus dépendants, pour financer leur déficit, de prêteurs qui peuvent se montrer versatiles et sensibles aux variations des marchés de la dette, affirme l’OCDE dans un rapport mercredi.

Dans son «Rapport sur la dette mondiale» annuel, qui examine les tendances de la dette publique comme privée, l’Organisation de coopération et de développement économiques chiffre à 61’000 milliards de dollars l’encours des obligations de ses 38 Etats membres en 2025.

En ajoutant les pays émergents, l’OCDE parvient à un total de plus de 73’000 milliards de dollars de dette publique.

Cette dette doit être refinancée sans cesse, les emprunts actuels permettant de rembourser la dette arrivant à échéance. Dans l’OCDE, cela a concerné 80% des montants empruntés en 2025.

Or, explique l’organisation internationale, les Etats, avec leurs besoins croissants, doivent de plus en plus diversifier le profil des emprunteurs.

«D’un côté, ces investisseurs apportent une liquidité et une diversité tout à fait bienvenues aux marchés mondiaux de la dette. D’un autre côté, cela peut davantage exposer les émetteurs aux chocs et à de plus fortes variations des prix», écrit le directeur des affaires financières et des entreprises à l’OCDE, Carmine Di Noia.

Dans le cas des Etats, «les banques centrales restent les premiers détenteurs nationaux de dette publique dans nombre de pays de l’OCDE», selon l’organisation. Mais celles-ci tâchent depuis 2021 de réduire le montant d’obligations d’Etat qu’elles détiennent.

«Le marché est de plus en plus dépendant d’investisseurs plus sensibles aux variations de prix, dont des fonds spéculatifs, des ménages et certains prêteurs étrangers», d’après l’OCDE.

«Cette transition pour se détacher d’une demande non sensible aux variations de prix, qui est de nombreuses façons une normalisation de la composition des investisseurs, pourrait accroître la volatilité des marchés», poursuit-elle.

À ce stade, ces investisseurs continuent d’acheter de la dette publique. «Les tensions géopolitiques, les différends commerciaux et les perspectives de nouvelles tendances macroéconomiques défavorables ajoutent de la pression sur des marchés déjà tendus. Jusqu’ici, le paysage de la dette ne reflète clairement pas ces développements», d’après M. Di Noia.

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