La dette émergente à l’heure de la maturité

Filipe Alves da Silva, UBP

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Portage élevé, qualité de crédit et diversification: des arguments convergent en faveur de cet univers.

Photo de Li Yang sur Unsplash

 

Soutenue par l’amélioration des fondamentaux, des facteurs techniques favorables et des rendements attrayants, la dette des marchés émergents bénéficie d’un contexte positif. La trajectoire des profils de crédit des émetteurs souverains sur ce segment en témoigne: en 2025, les révisions à la hausse des notations surpassent les déclassements, dans un rapport d'environ deux pour un. Cette dynamique est alimentée par des efforts d’assainissement budgétaire, alors que de nombreuses économies avancées peinent à faire face à l’augmentation de leurs coûts d'emprunt. Les pays en développement sont appelés à constituer une part prépondérante de la croissance mondiale – une tendance illustrée par les projections actuelles, tablant sur un écart de dynamisme de plus en plus important avec les économies avancées.

Des fondamentaux en nette amélioration

Le profil des investisseurs a évolué: la participation accrue des acteurs domestiques réduit la dépendance aux capitaux étrangers et renforce la résilience des marchés émergents à travers les cycles. L'endettement net des entreprises émergentes demeure contenu, avec un levier moyen d'environ 1,2 fois – un niveau inférieur à celui des entreprises des pays développés et en progression de 0,6 fois par rapport à la décennie précédente. La qualité des émetteurs s’est également renforcée, avec désormais une notation «investment-grade» pour une large part des marchés en devises locales et pour plus de la moitié des émissions en dollar.

La dette émergente demeure toutefois sous-allouée dans les portefeuilles, ce qui laisse entrevoir un potentiel de progression des flux à venir.

Reflet de l’amélioration des fondamentaux, les écarts de crédit se sont considérablement resserrés ces dernières années. Un rétrécissement marginal reste néanmoins possible, soutenu tant par la poursuite des révisions positives que par les afflux de capitaux. A cet égard, ces mouvements sont redevenus positifs en 2025. La dette émergente demeure toutefois sous-allouée dans les portefeuilles, ce qui laisse entrevoir un potentiel de progression des flux à venir.

Dette en devises locales

D’une part, les banques centrales des pays émergents ont tardé à abaisser leurs taux directeurs, ce qui maintient des rendements réels élevés, parmi les plus attractifs observés depuis plusieurs années. D'autre part, nos perspectives sur les changes anticipent un affaiblissement modéré du dollar. Or, ceci non seulement allège la pression sur les émetteurs en dette libellée dans cette devise, mais soutient également les rendements en monnaies locales. Enfin, le ratio de portage sur volatilité des taux locaux des marchés émergents se révèle particulièrement robuste. Au sein de cet univers, les marchés frontières se distinguent favorablement en raison de leur faible corrélation avec les autres classes d'actifs, même s'ils constituent un segment de niche.

Les arguments en faveur de la dette émergente sont clairs: portage élevé, crédit en progression, diversification. Cependant, certains risques subsistent, notamment les tensions géopolitiques ou un éventuel rebond du dollar. Le potentiel de surperformance n’en demeure pas moins intact, compte tenu de la résilience des fondamentaux et de la sous-exposition structurelle des portefeuilles.

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