Le dollar bat de l’aile et l’or va de l’avant après l’annonce par Donald Trump d’une nouvelle surtaxe douanière mondiale de 15% dans la foulée du revers que lui a fait subir la Cour Suprême en annulant certains de ses droits de douane.
Vers 15H35 GMT (16H35 à Paris), le billet vert lâchait 0,12% par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,1799 dollar pour un euro, et perdait 0,22% face à la devise britannique, à 1,3510 dollar pour une livre.
«L’incertitude commerciale et ses conséquences pour l’économie américaine» contribuent à la faiblesse du dollar, souligne Chris Turner, analyste chez ING.
Considérés comme des valeurs refuges en temps d’incertitude, l’or montait de 1,61% à 5.190,15 dollars l’once, et l’argent de 3,06% à 87,2440 dollars l’once.
L’agence américaine des douanes et de la protection des frontières (CBP) doit suspendre à compter de mardi la perception des droits de douane sur les produits importés aux Etats-Unis invalidés vendredi par la Cour suprême.
Selon une majorité de juges de la Cour suprême, Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs en utilisant abusivement une loi sur les pouvoirs économiques d’urgence (IEEPA), qu’il aurait détournés pour «imposer unilatéralement des droits de douane illimités et les modifier à sa guise», sans l’aval du Congrès américain.
Le président américain a menacé lundi d’imposer des droits de douane «beaucoup plus élevés» sur les pays qui seraient tentés de «jouer» avec les conséquences de cette décision de la Cour suprême.
Le marché s’attend à ce que «le remboursement aux entreprises des droits de douane qui n’auraient jamais dû être perçus alourdisse la dette américaine, qui approche désormais les 39.000 milliards de dollars», relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Donald Trump a réagi en annonçant une hausse des taxes à l’importation de 10%, avant de les augmenter à 15% samedi «avec effet immédiat».
Le décret initialement annoncé devait entrer en vigueur le 24 février, pour une durée de 150 jours, avec des exemptions sectorielles.
Pour le prolonger, l’approbation du Congrès est nécessaire, à moins de recourir à «l’article 338 (du Code des douanes de 1930, ndlr), qui autorise des droits de douane allant jusqu’à 50% sur les pays discriminant le commerce américain», note Neil Wilson, de Saxo Markets, dont l’»application n’a pas été testée récemment».
Le Parlement européen a de son côté suspendu lundi la procédure de mise en oeuvre de l’accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis, dans l’attente «d’éclaircissements» de Washington.