Une allocation «core» Investment Grade européenne attractive…
Le segment Euro Investment Grade s’est distingué en 2025, affichant un rendement total de 3% (Bloomberg Euro-Aggregate Corp. Index), et ce malgré une hausse du Bund de 40 points de base (pb). Selon nous, les conditions restent favorables à une performance solide en 2026: les spreads, bien que resserrés par rapport au début de l’année, demeurent environ 30 pb au-dessus des plus bas de 2022 sur le segment iBoxx EUR Corp.
Une nouvelle baisse de taux de la BCE constituerait un catalyseur supplémentaire, peu anticipé par le marché, les Overnight Index Swaps intégrant une probabilité proche de 0%. Par ailleurs, le rendement excédentaire par rapport aux obligations souveraines («excess return») est historiquement resté positif, y compris dans des phases de spreads serrés.
Comparé au segment Investment Grade américain, le marché européen présente par ailleurs des caractéristiques techniques plus favorables: dans le secteur technologique, plus de 200 milliards d’euros d’émissions obligataires sont attendus en 20261, principalement pour financer les centres de données, une tendance moins marquée sur le Vieux Continent. Le contexte macroéconomique européen demeure également porteur, avec une inflation à 1,8% et une croissance de 1,1% anticipée.
La classe d’actifs crédit corporate n’exige pas une forte croissance, mais privilégie un environnement «ni trop chaud, ni trop froid».
…combinée à un satellite dynamique, sans prise de risque excessive
Parallèlement, les fondamentaux des pays émergents se sont renforcés et la baisse des taux en dollars permet une politique monétaire plus accommodante, à partir de niveaux historiquement élevés. Dans ce contexte, une inflation plus faible soutient non seulement la croissance locale, mais améliore également, d’un point de vue technique, le niveau des taux réels.
Un maintien de la faiblesse du dollar constituerait un facteur de soutien supplémentaire. Néanmoins, compte tenu du portage («carry») significatif, une telle évolution n’est pas indispensable. Une simple stabilisation, voire une légère appréciation du dollar (à partir d’un niveau bien inférieur à celui du début de 2026) apparaît largement absorbable pour la majorité des pays émergents et leur dette émise. Par ailleurs, une appréciation des devises locales est généralement associée à une confiance accrue des investisseurs.
Compte tenu de la forte disparité entre les différents risques souverains émergents et de la volatilité potentielle, surtout dans un contexte global où les incertitudes continuent à dominer (politique des droits de douane US, tensions géopolitiques.), la prudence reste de mise. Une diversification approfondie apparaît essentielle, tandis qu’une gestion active permet de cibler les pays offrant le meilleur couple risque/rendement, en privilégiant notamment une qualité moyenne «Investment Grade» au sein d’un portefeuille de dette locale émergente.
Un levier pertinent pour la diversification globale du portefeuille
Il n’est pas nécessaire d’augmenter le «bêta» de l’allocation via des obligations de moindre qualité ou à maturité plus longue dans la même devise de manière mécanique. Alors que les primes semblent moins attractives, nous privilégions une approche mesurée sur la duration, dans un contexte de demande institutionnelle en repli (notamment de la part des fonds de pension néerlandais) et d’offre appelée à rester élevée, portée par le plan de relance allemand attendu à hauteur de 900 milliards d’euros.
Ce positionnement se révèle également pertinent en termes de gestion de portefeuille: la corrélation entre le segment européen Investment Grade et la dette locale émergente étant plus faible qu’entre deux segments de dette européenne.
Il paraît difficile aujourd’hui d’anticiper sur d’éventuelles conséquences fondamentales de nouveaux droits de douane, hormis des variations limitées en «mark-to-market». Néanmoins et même si le scénario d’un nouveau conflit sévère semble désormais plus éloigné, les entreprises aux fondamentaux les plus solides devraient mieux résister, tandis que les pays émergents semblent moins exposés à un possible regain de tensions commerciales entre le Etats-Unis et l’Europe.
1Source: Bloomberg Intelligence