L’or et l’argent ont évolué en dent de scie cette semaine, après avoir lourdement chuté, les investisseurs alternants entre prise de bénéfices et rachat.
Les métaux précieux traversent une «phase de volatilité exceptionnellement élevée», explique Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank, certains «intervenants du marché ayant apparemment profité du rebond des prix pour se désengager» à leur tour.
En tant que valeurs refuges prisées en temps d’incertitude, l’or et l’argent ont été propulsés à des sommets historiques fin janvier à respectivement près de 5600 dollars et plus de 120 dollars l’once.
Leurs cours se sont ensuite brusquement retournés, leur chute s’accélérant vendredi dernier lorsque le marché a été rassuré quant à l’indépendance de la banque centrale américaine par le profil de celui que Donald Trump veut mettre à sa tête, Kevin Warsh.
Le revers des métaux précieux s’est poursuivi en début de semaine, amplifié par certaines positions spéculatives prises en amont.
Certains traders avaient investi avec une mise de départ limitée: une fois celle-ci perdue, ils ont préféré «liquider» leurs positions afin de ne pas être contraints de payer davantage aux courtiers.
Des particuliers ayant parié sur une hausse de l’or se sont par ailleurs retrouvés avec trop en réserve et ont aussi préféré vendre, «transformant ce qui aurait pu être une simple correction en une chute en cascade», commente Ole Hanse, analyste chez Saxo Bank.
Les cours ont ensuite alterné entre journée de forte remontée et nouveau repli.
Si l’or est depuis revenu à ses niveaux de vendredi à la clôture, bien qu’en baisse de près de 12% depuis son pic, l’argent peine à remonter la pente, et a reflué de près de 38% par rapport à son record, pénalisé par le retrait des investisseurs chinois.
Vers 16H20 GMT (17H20 à Paris), l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 4934,32 dollars, contre 4894,23 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Celle d’argent se négociait à 75,7438 dollars, contre 85,1994 dollars une semaine plus tôt.
Café ristretto
Les cours du café ont chuté cette semaine grâce à de très bonnes prévisions de récolte au Brésil, pour la variété d’arabica comme pour celle de robusta.
La première estimation pour la production de café en 2026 indique une hausse de 17,1% par rapport au cycle de 2025, a annoncé dans un communiqué l’institut public brésilien Conab, lié au ministère de l’Agriculture.
Cette croissance serait liée à des conditions climatiques plus favorables, l’adoption de nouvelles technologies, de bonnes pratiques de gestion dans les plantations ainsi qu’»une augmentation de 4,1% de la superficie en production par rapport à 2025».
Le Brésil étant de loin le producteur le plus important de café au monde, l’amélioration de ses récoltes fait tomber les cours.
Le sentiment général baissier du marché des matières premières cette semaine et «le renforcement du dollar» expliquent aussi la chute des prix, selon Norman Liebke, analyste chez Commerzbank.
Sur l’ICE Futures US de New York vendredi, la livre d’arabica pour livraison en mai valait 290,05 cents, contre 332,25 cents le précédent vendredi.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison le même mois s’échangeait à 3634 dollars, contre 4113 dollars à la clôture sept jours plus tôt.
Le cuivre s’essouffle
Le cours du cuivre a baissé cette semaine, plombé par les contre-performances des métaux précieux et par la hausse des réserves surveillées par la Bourse des métaux de Londres (LME) et le Shanghai Futures Exchange (SHFE).
«Les stocks disponibles dans les entrepôts agréées par le LME sont montés à 180’575 tonnes, leur plus haut depuis mai, tandis que les inventaires au SHFE ont atteint 133’004 tonnes, leur plus haut depuis avril, après des mois d’offre en recul», relève J.P. Steiner, analyste chez ADM Investors Services.
Le métal rouge qui battait record sur record depuis des mois - atteignant il y a moins de dix jours 14’527,50 dollars la tonne au LME - a donc perdu du terrain dans un contexte baissier sur le marché des matières premières, perturbé par le remous des cours des métaux précieux.
En dehors de ces vents contraires passagers, le cuivre continue de bénéficier d’un soutien durable avec une demande dopée par la transition énergétique, l’industrie de défense et l’intelligence artificielle.
«Les entreprises énergétiques chinoises responsables de l’extension du réseau, probablement les plus grands consommateurs de cuivre, ont annoncé avoir augmenté leurs investissements en capital en janvier de 35% par rapport à l’année précédente», souligne Barbara Lambrecht de Commerzbank.
Vendredi, une tonne de cuivre coûtait 13’009,50 dollars sur le LME, contre 13’157,50 dollars à la clôture la semaine dernière.