UBS a franchi de nouvelles étapes dans l’intégration de son ancienne rivale Credit Suisse et cela se matérialise dans ses résultats. En 2025, le bénéfice net a bondi de 53% sur un an à 7,8 milliards de dollars. Dans un contexte marqué par les vifs débats sur le renforcement des exigences réglementaires en matière de fonds propres, la grande banque laisse par contre planer quelques doutes sur les redistributions aux actionnaires.
Sur le seul quatrième trimestre, le bénéfice net a enflé de 56% à 1,2 milliard de dollars. Après ajustement des coûts d’intégration, UBS annonce un bénéfice avant impôts de 2,87 milliards pour la période d’octobre à décembre 2025, soit une augmentation de 62%.
Les revenus de la banque ont augmenté de 4% pour atteindre 12,15 milliards de dollars, tandis que les dépenses ont diminué de 1% pour s’établir à 10,29 milliards. Le ratio coûts/revenus s’est ainsi établi à 84,7% pour le dernier trimestre, alors que sur une base ajustée, il était de 75,2%.
Les chiffres sont supérieurs aux prévisions.
Au quatrième trimestre, la banque a attiré 8,5 milliards de dollars d’afflux net de capitaux dans la gestion de fortune mondiale. Sur l’ensemble de l’année 2025, son activité principale a attiré 101 milliards, soit une croissance annualisée de 2,4%. A l’échelle du groupe, UBS gérait ainsi 7005 milliards d’actifs à la fin décembre, contre 6910 milliards à la fin septembre. Sur un an, le bond atteint 15%.
Réductions de coûts
La banque fusionnée a réduit ses coûts de 10,7 milliards de dollars à fin d’année (par rapport à 2022), dont 700 millions au dernier trimestre 2025. D’ici fin 2026, soit à la fin de la période d’intégration prévue du CS, ce chiffre devrait passer de 13 milliards à 13,5 milliards. Dans le même temps, les coûts d’intégration s’élèvent désormais à 15 milliards, contre 14 milliards initialement prévus.
Les suppressions d’emplois les plus importantes auront lieu lorsque les anciens systèmes Credit Suisse seront mis hors service. Fin décembre, le nombre d’employés d’UBS, calculé en équivalents temps plein, s’élevait à 103’177, soit 1250 postes de moins qu’à la fin septembre. En Suisse, la banque prévoit toujours environ 3000 licenciements dans le cadre de l’intégration.
Doutes sur les redistributions
Au titre de l’exercice 2025, les actionnaires d’UBS se verront proposer un dividende de 1,10 dollar par action, contre 90 centimes l’année précédente, soit une progression de 22%. Les analystes s’attendaient à environ 0,99 dollar. En 2026, la direction prévoit une augmentation du dividende de l’ordre de 10%.
Dans un premier temps, la banque prévoit des rachats d’actions d’une valeur de 3 milliards de dollars en 2026, qui seront potentiellement étendus. Le montant dépendra de la forme finale que prendra la nouvelle réglementation en Suisse et de la réalisation des objectifs financiers, et plus d’informations devraient être fournies dans le courant du second semestre.
En 2026, avant le début des discussions sur le renforcement des exigences en matière de fonds propres, les rachats d’actions devraient retrouver leur niveau d’avant le rachat de Credit Suisse. En 2022, UBS a racheté des actions pour une valeur de 5,6 milliards de dollars.
Mercredi, la nominative UBS a clôturé à 34,78 francs dans un SMI en hausse de 1,01%.
De nouveaux objectifs à moyen terme
UBS a dévoilé de nouveaux objectifs à moyen terme lors de la présentation de ses résultats annuels 2025. D’ici 2028, des progrès sont attendus à plusieurs niveaux, indique mercredi la banque.
L’atteinte des objectifs à échéance 2028 sera portée par une «croissance rentable et des gains d’efficience» grâce à l’intégration. Le rendement des fonds propres durs (RoCET1) est ciblé à environ 18% tandis que le ratio coûts sur revenus est visé à 67%. A titre de comparaison, en 2025, le RoCET1 était de 13,7% et le ratio coûts sur revenus était de 74,4%, les deux valeurs sur une base ajustée.
Les objectifs en matière de capitaux sont maintenus, des fonds propres durs (CET1) d’environ 14% et un ratio de levier (CET1) de plus de 4,0% restent ainsi de mise.
Des investissements sont prévus dans les effectifs, les offres et les compétences ainsi que dans l’intelligence artificielle. Cette technologie est actuellement déployée dans plus de 380 cas d’utilisation, tandis que 780 sont en cours de développement.
Dans la gestion de fortune, UBS table sur des avoirs sous gestion de 5500 milliards de dollars tandis que les afflux sont escomptés à 200 milliards. Le ratio coûts sur revenus est attendu 68%. Le segment Personal & Corporate Banking devrait présenter un ratio coûts sur revenus d’environ 48%.
Par ailleurs, la gestion d’actif devrait inscrire une croissance d’argent nouveau d’environ 3% sur l’ensemble du cycle. Le ratio coûts sur revenus est attendu à environ 65%. Enfin, la banque d’investissement devrait présenter un rendement sur les capitaux propres investi d’environ 15% sur l’ensemble du cycle.
De nouvelles synergies grâce à l’intégration de CS
UBS a dégagé de nouvelles synergies liées à l’intégration de son ancienne rivale Credit Suisse. Les avancées réalisées contribueront à atteindre les objectifs fixés pour l’exercice en cours, a indiqué la grande banque mercredi.
L’année dernière, UBS a transféré environ 85% des comptes Credit Suisse de la clientèle suisse, au nombre d’environ 1,1 millions. Les transferts dans les segments Personal & Corporate Banking ainsi que dans Asset Management sont largement terminés. L’ampleur et les charges liés à la banque de défaisance ont également été réduits.
Désormais, l’attention est dirigée vers le transfert des comptes clientèle restants, des comptes de fonds et de dépôts de manière à ce qu’une grande partie des applications et de l’ancienne infrastructure informatique de Credit Suisse puissent être désactivées. Selon la banque, cette étape permettra d’accélérer les économies de coûts brutes, pour atteindre l’objectif d’économiser en 2026 2,8 milliards de dollars, incluant un potentiel de réduction de coûts de 0,5 milliard supplémentaire.
D’ici la fin de l’exercice en cours, la banque se dit confiante d’atteindre un ratio coûts sur revenus de moins de 70% sur une base ajustée, après 75,2% au quatrième trimestre 2025. Le rendement des fonds propres durs (RoCET1) sur une base ajustée devrait de son côté avoisiner 15%, après 13,7% en 2025.