Les banques de la zone euro ont resserré de manière inattendue leurs critères de crédit aux entreprises fin 2025, notamment en France et en Allemagne, a indiqué mardi la Banque centrale européenne, envoyant un signal mitigé pour l’activité à deux jours de sa réunion de politique monétaire.
«Les inquiétudes concernant les perspectives des entreprises et de l’économie dans son ensemble, ainsi que la baisse de la tolérance au risque des banques, ont contribué à ce resserrement», explique l’institution dans un communiqué.
D’octobre à décembre, les banques en Allemagne et en France ont durci leurs critères, notamment vis-à-vis des entreprises «affectées par les changements de politiques commerciales», tandis que les critères sont restés inchangés en Espagne et en Italie.
Près de la moitié des banques interrogées ont jugé leur exposition aux changements de politiques commerciales «importante», selon la BCE.
L’institution gardienne de l’euro fixe ses taux en fonction de l’inflation et de l’efficacité de la transmission de sa politique monétaire dans l’économie: un durcissement des critères de crédit par les banques constitue un signal négatif pouvant l’inciter à ajuster sa politique.
La BCE peut être rassurée par le fait que la demande de crédits des entreprises a légèrement augmenté sur le dernier trimestre de 2025, principalement pour financer des besoins liés aux stocks et à l’activité, tandis que l’investissement productif est resté neutre, selon l’enquête.
La zone euro semble également épargnée par la hausse des droits de douane, avec un PIB en hausse de 0,3% au quatrième trimestre de 2025 par rapport au trimestre précédent.
Dans ce contexte, le taux de référence sur les dépôts, stable à 2% depuis juin, ne devrait pas être modifié cette semaine, selon les observateurs.
Selon la même enquête, les banques ont, contrairement aux attentes, légèrement assoupli les critères pour les prêts au logement, sauf en Allemagne, tandis que le crédit à la consommation a continué à se durcir.
Pour le premier trimestre de 2026, les banques prévoient un durcissement modéré pour le logement et plus marqué pour le crédit à la consommation.