Les marchés asiatiques plombés par les tensions autour du Groenland

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A Tokyo, le Nikkei recule en clôture de 0,40%, à 52’774,64 points, et l’indice élargi Topix de 0,99%, à 3589,70 points. Séoul résiste (+0,49%), mais Taipei lâche 1,62%, Sydney 0,37% et Hong Kong 0,14%.

Les bourses asiatiques sont restées plombées mercredi par les menaces douanières brandies par Donald Trump contre les pays européens s’opposant à toute annexion du Groenland. Ce regain de tensions entre alliés a propulsé l’or à un nouveau sommet.

A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a reculé en clôture de 0,40%, à 52’774,64 points, et l’indice élargi Topix de 0,99%, à 3589,70 points. La Bourse de Séoul a résisté (+0,49%), mais Taipei a lâché 1,62%, Sydney 0,37%, et l’indice hongkongais Hang Seng cédait 0,14% vers 06H30 GMT.

Les places asiatiques continuent d’accuser le coup face au spectre d’un bras de fer commercial entre Etats-Unis et Europe. Le président américain Donald Trump a menacé de surtaxes douanières huit pays européens s’opposant à ses velléités d’annexion du Groenland, territoire autonome du Danemark, et il ne montre aucune intention de désescalade.

Conséquence: «les investisseurs sont rivés aux perspectives autour du Groenland et au risque d’un relèvement des droits de douane américains d’ici le 1er février, avec réaction éventuelle de l’Europe», a observé Chris Weston, analyste du courtier Pepperstone. «Bien entendu, l’attention des traders se porte désormais sur le discours que doit prononcer Trump à Davos», où se réunit cette semaine le Forum économique mondial, a-t-il ajouté. «La question-clé est de savoir (...) s’ils continueront de juger la situation suffisamment risquée au point de réduire leur exposition au risque.»

«L’incertitude en matière de politique commerciale est omniprésente», avec divers aspects: «l’impact des nouveaux tarifs douaniers sur l’activité économique en Europe et aux Etats-Unis», mais aussi «la crédibilité de Washington mise à mal», a complété Kyle Rodda, analyste de Capital.com. Sous pression, le dollar se stabilisait à 158,16 yens.

Nouveau sommet pour l’or, pétrole atone

Face aux tensions géopolitiques, les métaux précieux, valeurs refuges contre l’incertitude, caracolent. L’or s’est hissé mercredi à un nouveau record, à près de 4900 dollars l’once. Vers 08h00, il grimpait de 2,55%. L’argent, lui, reprenait son souffle après un sommet mardi à 95,88 dollars l’once.

A l’inverse, le marché pétrolier buvait la tasse. Vers 06H30 GMT, le baril de WTI nord-américain cédait 0,78%, à 59,89 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord se repliait de 0,95%, à 64,31 dollars.

Les rendement des obligations souveraines japonaises reculaient mercredi, reprenant leur souffle après s’être envolés la veille à des niveaux records. La perspective des allègements fiscaux (suppression d’une taxe sur les ventes de produits alimentaires) promis par la Première ministre Sanae Takaichi, à trois semaines d’élections anticipées au Japon, avive les craintes de dérapage budgétaire dans un pays déjà lourdement endetté.

Les taux à 30 ans retombaient mercredi à 3,69%, contre un pic historique à 3,85% la veille. Les taux à dix ans glissaient à 2,277% après s’être hissé mardi à 2,343%. «Le principal facteur de la hausse des rendements japonais (mardi) était l’anticipation d’une augmentation des dépenses publiques par le gouvernement Takaichi, qui a convoqué ces élections pour obtenir un mandat en faveur d’une politique budgétaire expansionniste», a expliqué Kyle Rodda, analyste de Capital.com.

«Cette flambée des rendements japonais ravive les craintes d’une volatilité similaire à celle observée en août 2024», a-t-il noté.

La roupie indonésienne s’affichait stable à 16.967 roupies pour un dollar, après s’être envolée la veille à un sommet historique face au billet vert, à 16.997 roupies. «La roupie indonésienne a continué de se déprécier, le président Prabowo Subianto ayant proposé son neveu comme sous-gouverneur», a expliqué Michael Wan, analyste de la banque MUFG.

«Les marchés ont interprété cette nomination, à tort ou à raison, comme une menace potentielle à l’indépendance de la Banque d’Indonésie», a-t-il souligné. Dans ce contexte, la réunion de l’institution mercredi - où elle devrait annoncer un statu quo monétaire - sera particulièrement scrutée.

La roupie indienne a atteint un nouveau plus bas historique en raison de sorties de capitaux étrangers des marchés indiens, le report d’un accord commercial avec les Etats-Unis plombant toujours le moral des investisseurs. La devise a chuté de 0,66% jusqu’à 91,57 roupies pour un dollar, record de faiblesse face au billet vert.

«La roupie est affectée par les incertitudes mondiales liées aux développements géopolitiques, en plus de facteurs spécifiques» comme l’introuvable accord commercial avec les Etats-Unis «et les sorties de capitaux», a analysé Madhavi Arora, économiste d’Emkay Global Financial, cité par Bloomberg.

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