Les sujets abordés avec le président américain Donald Trump restent «ouverts», a dit Guy Parmelin mardi devant la presse en marge du WEF, sans donner de détails sur les contours d’une éventuelle rencontre avec le républicain, attendu mercredi. Le Groenland ne sera pas forcément un thème.
«Si cette rencontre a lieu, nous n’aurons pas beaucoup de temps, a déclaré le président de la Confédération. Il est donc nécessaire de parler de points qui présentent des intérêts communs pour les deux pays».
Le Vaudois n’a pas souhaité donner davantage de détails sur les modalités d’une éventuelle rencontre, si ce n’est qu’il compte «souhaiter la bienvenue à Donald Trump et le remercier de s’être déplacé» à Davos.
Questionné sur l’invitation du président américain à rejoindre son «Conseil de la paix», M. Parmelin a déclaré que sur le principe la Suisse est ouverte à toute initiative qui promeut la paix. Mais le Conseil fédéral doit encore mener des échanges avec les parties concernées et étudier les aspects juridiques contraignants de la charte.
«Conséquences sur la Suisse»
Le président américain a créé une onde de choc en menaçant huit pays européens de surtaxes, si le Groenland, territoire autonome danois, ne lui était pas cédé. Ce thème n’a pas été abordé durant les entretiens que M. Parmelin a eus avec plusieurs dirigeants, parmi lesquels le président français Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
«S’il y a une guerre économique, il y aura des conséquences directes ou indirectes sur la Suisse», a déclaré M. Parmelin, questionné sur un potentiel effet domino. Le Vaudois a d’ailleurs indiqué avoir plaidé auprès de tous les dirigeants européens rencontrés pour obtenir les mêmes conditions tarifaires que les membres de l’Espace économique européen sur l’acier, particulièrement pénalisé en Suisse.
«Avancées sur l’accord avec Pékin»
Le Vaudois s’est également entretenu avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng sur l’accord de libre-échange avec la Chine. La Suisse veut le renouveler rapidement, de lourdes taxes étant encore appliquées sur les produits suisses.
Les aspects techniques vont être discutés la semaine prochaine et des négociations sont prévues en Suisse en mars, a indiqué M.Parmeli a-t-il dit. «Nous demeurons confiants dans la perspective de nouvelles avancées et d’une finalisation au cours de l’année.»
Europe «indépendante»
Le Forum économique mondial s’est ouvert mardi dans un contexte tendu suite aux dernières déclarations de Donald Trump. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron ont tour à tour défendu une Europe «indépendante».
Le dirigeant français, s’exprimant en anglais et arborant des lunettes de soleil, a adopté un ton assuré, appelant les Européens à s’affirmer face aux grandes puissances comme les Etats-Unis. Le multilatéralisme, affaibli alors que «loi du plus fort semble régner», doit primer à ses yeux.
Mme von der Leyen s’est montrée plus mesurée. Elle a affirmé que la souveraineté et l’intégrité du Groenland ne sont pas négociables, tout en laissant la porte ouverte aux Etats-Unis, rappelant l’amitié qui lie Washington et Bruxelles.
Un discours que le gouverneur de Californie, le démocrate Gavin Newsom, a peu goûté. Le politicien pressenti comme candidat à la Maison Blanche en 2028 a dénoncé, en marge du forum, une attitude européenne servile à l’égard du président américain.