Le cuivre a progressé cette semaine, atteignant un nouveau record mardi à la Bourse des métaux de Londres (LME), à 13’387,50 dollars la tonne, avant de retomber avec des prises de bénéfices.
La forte hausse du métal ces derniers mois est alimentée par les craintes de nouveaux droits de douane américains sur le cuivre raffiné au cours de l’année 2026.
Par conséquent, les acheteurs américains, conscients que la production de cuivre raffiné des Etats-Unis est largement insuffisante pour répondre à la demande du pays, constituent des réserves et continuent d’importer du métal rouge.
Cela crée «un vide sur le marché mondial et fait grimper les prix», explique Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Fortement utilisé dans l’industrie pour la confection de circuits électriques, le cuivre profite aussi structurellement de la transition énergétique, des dépenses de défense et d’une demande accrue d’énergie pour les centres de données dans le cadre du développement de l’intelligence artificielle (IA).
En 2025, le cours du métal rouge a connu sa plus forte progression depuis 2009, gagnant plus de 40% sur l’année.
En deuxième partie de cette semaine, le prix est retombé au LME, «reflétant les mouvements des métaux précieux dans ce qui semble être une opération de nettoyage des positions et de prise de bénéfices», selon J.P. Steiner, analyste chez ADM Investors Services.
Vendredi, vers 14H10 GMT (15H10 à Paris), une tonne de cuivre coûtait 12’917,50 dollars sur le LME, contre 12’469,50 dollars à la clôture la semaine dernière.
L’or plus fort
Les cours de l’or et des autres métaux précieux ont continué de progresser cette semaine, principalement propulsés par les tensions géopolitiques après l’intervention militaire américaine au Venezuela.
En tant que valeur refuge, l’or et l’argent ont bénéficié en début de semaine d’»une combinaison de préoccupations géopolitiques concernant le Venezuela et le Groenland», constatent les analystes d’IG.
«Cependant, il est probable que de nombreux investisseurs attendaient simplement une occasion de racheter à des prix plus bas après la chute post-Noël», qui a vu l’or et l’argent reculer par rapport à leurs sommets en fin d’année, indique David Morrison, analyste de TradeNation.
Le rapport sur l’emploi en décembre aux Etats-Unis s’est par ailleurs affiché mitigé vendredi, révélant moins de créations d’emplois qu’escompté par les marchés, mais aussi un taux de chômage en repli. Il ne devrait pas dissuader de nouvelles baisses des taux américains, susceptibles de porter ces deux métaux précieux.
En outre, la flambée de leur prix en 2025 (+150% environ pour l’argent et +65% pour l’or) a alourdi leur poids dans le portefeuille de certains fonds indexés sur les matières premières, comme le Bloomberg Commodity index, qui en possèdent normalement un pourcentage préétabli.
Pour revenir à leur constitution initiale, ces fonds doivent rééquilibrer leurs portefeuilles lors d’une période allouée, qui se déroule cette année du 8 au 15 janvier.
Ils devraient à cette occasion vendre environ 6 milliards de dollars d’or et autant d’argent, d’après les estimations de la Deutsche Bank, ce qui pourrait peser sur les cours.
D’autres métaux précieux continuent de profiter de la demande industrielle, des risques douaniers et d’un marché tendu, comme le palladium, qui a bondi d’environ 13% sur la semaine, et le platine, qui a frôlé son record absolu de 2491,20 dollars la tonne atteint fin 2025.
Vendredi, l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 4489,35 dollars, contre 4332,29 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Le café robuste
Le cours du café a progressé cette semaine, en particulier la variété arabica, soutenue par la montée des tensions entre la Colombie et les Etats-Unis après la capture du président Nicolas Maduro au Venezuela.
Dans la foulée de l’intervention américaine, le président colombien Gustavo Petro a dénoncé cette opération et le président américain Donald Trump lui a conseillé de «faire gaffe à ses fesses», après avoir affirmé que tout pays produisant de la cocaïne vendue aux Etats-Unis était «susceptible d’être attaqué».
Gustavo Petro a précisé que, même si une attaque militaire américaine contre la Colombie semblait «improbable», le pays aurait une réponse «légitime» si nécessaire.
La Colombie est le troisième producteur mondial de café, après le Brésil et le Vietnam, selon les données du ministère de l’Agriculture américain.
Elle est aussi le «deuxième producteur mondial d’arabica et le deuxième fournisseur des Etats-Unis», souligne Mark Bowman, analyste chez ADM Investors Services, ce qui explique la plus forte progression de cette variété sur la semaine.
Sur l’ICE Futures US de New York vendredi, la livre d’arabica pour livraison en mars valait 367,15 cents, contre 357,30 cents le précédent vendredi.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison le même mois s’échangeait à 3975 dollars, contre 3954 dollars à la clôture sept jours plus tôt.