Le dollar avançait vendredi, digérant un rapport en demi-teinte sur l’emploi américain en décembre, qui n’altère pas drastiquement les attentes sur la trajectoire de la politique monétaire aux Etats-Unis.
«Les chiffres de l’emploi étaient au centre de l’attention des marchés aujourd’hui», mais «se sont révélés finalement assez mitigés», commente auprès de l’AFP Shaun Osborne, de Scotiabank.
Les Etats-Unis ont créé 50’000 emplois le mois dernier, selon les données officielles publiées vendredi, soit moins qu’anticipé par les analystes.
Mais le taux de chômage a, lui, légèrement baissé, à 4,4% en décembre. Il était plus élevé en novembre, à 4,5% (taux révisé en baisse).
«Prises ensemble, ces données se traduisent par une tendance relativement neutre pour le dollar, et n’ont pas d’incidence sur le nombre de baisses potentielles des taux d’intérêt» de la banque centrale américaine (Fed), observent les analystes de Monex USA.
Les acteurs du marché continuent d’attendre deux réductions des taux en 2026, dont la première en juin, selon l’outil de veille CME FedWatch.
Vers 19H40 GMT, le billet vert prenait 0,21% à la monnaie unique européenne, à 1,1634 dollar pour un euro, et 0,25% à la devise britannique, à 1,3406 dollar pour une livre sterling.
Pour Shaun Osborne, la hausse du «greenback» -l’un des surnoms de la monnaie américaine- depuis le début de l’année (+0,90% environ) est surtout dû à un mouvement technique «saisonnier».
«Le dollar a souvent tendance à baisser en décembre, pour ensuite remonter en janvier», explique-t-il. «Mais fondamentalement, rien n’a vraiment changé.»
Les cambistes attendent désormais des nouvelles de l’inflation aux Etats-Unis, dont l’indice des prix à la consommation (CPI) qui doit être publié mardi.
Ils seront aussi à l’affût de toutes nouvelles concernant la nomination par Donald Trump du remplaçant de Jerome Powell, actuel président de la Fed dont le mandat prendra fin au printemps.
Le président américain ne fait pas mystère du fait qu’il veut un nouveau patron de la banque centrale aligné avec sa vision de l’économie et déterminé à baisser résolument les taux.
«Il y a beaucoup de spéculations selon lesquelles cette annonce pourrait être faite vendredi prochain», remarque M. Osborne.