L’inflation nulle en Suisse, signe de stabilité économique

AWP

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La situation sur le marché du travail sera à surveiller ces prochains mois, car, même si le pays se trouve toujours dans une situation dite de plein emploi, le taux de chômage de 2,9% se rapproche du seuil de 3% au-delà duquel la consommation s’en retrouve affectée.

L’indice des prix à la consommation (CPI), dont la publication est prévue jeudi, est attendu entre 0,0% et 0,2%. Ce renchérissement quasi nul témoigne d’une bonne santé économique du pays, toutefois fragile, selon les analystes.

«A côté de cette inflation à zéro, les prévisions sont plutôt bonnes, avec une croissance, en l’occurrence réelle, attendue autour de 1%», relève John Plassard de Cité Gestion. Et ce, en dépit d’une hausse des droits de douane aux Etats-Unis, passés d’un taux moyen de 0,7% à 15% en l’espace d’un an, rappelle l’expert.

Ces indicateurs sont un «signe de stabilité macroéconomique», abonde Arthur Jurus chez Oddo BHF Suisse, tout comme «le franc structurellement fort».

Pas question, donc, de bousculer cet équilibre: «il est peu probable que la Banque nationale suisse passe ses taux, actuellement à zéro, en territoire négatif. «Cette situation conduit plutôt à se laisser porter» par ces dynamiques, même molles. Ce contexte encourage plutôt l’institut d’émission à maintenir son cap, avec des interventions ciblées sur le front des devises, note Arthur Jurus, un cadre qui favorise l’attrait pour les actifs suisses «dans une logique de protection du capital à moyen et long terme».

D’autant plus que la situation semble se stabiliser en Europe également, en l’absence de récession et avec des indices des prix à la consommation en repli également. En Allemagne, l’inflation a ralenti plus fortement qu’attendu en décembre à 1,8% sur un an, selon des données publiées mardi. En France, le renchérissement s’est inscrit à 0,8% sur un an au cours de ce même mois.

Demande atone

Reste que cette inflation quasi nulle en Suisse reflète également une demande atone, pointe John Plassard. Dans le même temps, «les salaires, du moins ceux qui sont indexés sur le renchérissement, n’augmentent pas».

La situation sur le marché du travail sera à surveiller ces prochains mois, car, même si le pays se trouve toujours dans une situation dite de plein emploi, le taux de chômage de 2,9% se rapproche du seuil de 3% au-delà duquel la consommation s’en retrouve affectée.

L’autre point sensible reste la question énergétique, «un choc exogène sur les prix pourrait venir troubler ce fragile équilibre», avertit John Plassard. Autrement dit, la Suisse n’est pas en surchauffe mais elle n’est pas non plus à l’abri d’un réveil venu de l’extérieur.

L’Office fédéral de la statistique (OFS) publiera l’indice CPI jeudi à 08h30.

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