La Banque centrale allemande a légèrement abaissé vendredi sa prévision de croissance pour l’Allemagne en 2026, confirmant le scénario d’une reprise poussive après trois années de marasme.
La Bundesbank prévoit désormais une croissance du PIB allemand de 0,6% en 2026, contre 0,7% en juin, puis de 1,3% en 2027, en données ajustées des variations calendaires.
La reprise l’an prochain sera portée par «les dépenses publiques et un redressement des exportations», selon le président de l’institution, Joachim Nagel, cité dans un communiqué.
La prévision pour 2026 reste inférieure à celle du FMI, qui table sur 0,9 %, ainsi qu’à celles d’autres instituts allemands, situées autour de 1 %.
Hors les effets calendaires - le nombre de jours travaillés sera plus élevé au cours des deux prochaines années - les prévisions annuelles sont légèrement supérieures : 0,9% pour 2026 et 1,4% pour 2027.
La première économie d’Europe peine à sortir d’une récession qui a démarré en 2022, quand la Russie a lancé sa guerre d’invasion contre l’Ukraine.
Elle pâtit des droits de douane américains et de la concurrence croissante de la Chine, et doit composer avec des problèmes structurels négligés de longue date, comme une bureaucratie lourde et un déficit de main-d’oeuvre qualifiée.
Le pays est parti pour connaître une quasi-stagnation pendant l’automne et l’hiver : la Bundesbank table pour le dernier trimestre de l’année sur une hausse de 0,1% du PIB par rapport au trimestre précédent, et autant pour le premier trimestre 2026.
L’Allemagne a adopté en mars un fonds spécial de 500 milliards d’euros visant à moderniser les infrastructures vieillissantes et un autre pour la réarmer face à la menace russe, ce qui devrait soutenir la croissance.
Les premiers signes d’une augmentation des commandes publiques sont déjà visibles, selon la Bundesbank.
Cependant, cette politique de dépense expansionniste, qui devrait porter le déficit public à 4,8% du PIB en 2028, un niveau comparable à celui des années 1990 après la réunification du pays, soutiendra plus nettement la croissance à partir du second semestre de l’année prochaine, ajoute la banque centrale.
L’institution «pourrait pourtant sous-estimer l’effet +bouteille de ketchup+ du fonds spécial», déclare à l’AFP Carsten Brzeski, économiste chez ING.
«Longtemps rien ne se passe, puis soudain tout jaillit», aussi le pessimisme de la Bundesbank «pourrait s’avérer exagéré au cours de l’année» qui vient, ajoute-t-il.
Côté exportations, fer de lance de l’économie, elles devraient se reprendre l’an prochain, selon la Bundesbank, mais moins franchement que par le passé du fait de la concurrence accrue à l’international avec des pays émergents comme la Chine.
Le coût horaire du travail est élevé en Allemagne, amenant à des pertes de compétitivité sensibles des entreprises, note la Bundesbank.
Les hausses salariales ont surpris par leur ampleur cette année, et avec un marché du travail plus solide, elles devraient soutenir «les revenus réels et donc la consommation privée» sur le plan intérieur, selon M. Nagel.