Les Bourses asiatiques progressent vendredi, soulagées par le recul de l’inflation américaine, tandis que les rendements des obligations souveraines ont bondi au Japon après une hausse de taux de la Banque centrale.
Le Nikkei à Tokyo a gagné 1% comme le Kospi à Séoul, tandis que Sydney a avancé de 0,4% et Taipei de 0,8%. Sur les places chinoises, Hong Kong progressait de 0,8%, Shanghai de 0,4% et Schenzhen de 1,1%.
Ralentissement de l’inflation américaine
Les investisseurs à New York ont salué jeudi le recul de l’indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis le mois dernier à 2,7% sur un an après 3% en septembre – les chiffres d’octobre n’ayant pas été publiés en raison de la paralysie budgétaire («shutdown») aux Etats-Unis à l’automne.
«Cette bonne surprise a renforcé les attentes de baisse de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) l’an prochain, après déjà trois baisses consécutives ces derniers mois, note Shutaro Yasuda du Tokai Tokyo Intelligence Lab.
Des analystes ont toutefois estimé que les données du CPI pouvaient être en partie faussées, le «shutdown» ayant suspendu pendant plusieurs semaines la collecte des informations par les services statistiques officiels.
Wall Street a aussi réagi positivement aux résultats et prévisions supérieurs aux attentes du fabricant de semi-conducteurs Micron, «ce qui a relancé les achats sur les valeurs liées à l’IA (intelligence artificielle) récemment délaissées», commente M. Yasuda.
Envolée des rendements nippons
Les rendements des obligations souveraines nippones à 10 ans ont atteint un sommet depuis 1999 vendredi, dans la foulée de l’annonce par la Banque du Japon (BoJ) d’un relèvement de son taux directeur à 0,75% (contre 0,5% précédemment), au plus haut depuis 30 ans.
Les investisseurs anticipent en effet des paiements d’intérêt futurs plus élevés, ce qui fait chuter le prix des obligations existantes et bondir leur rendement (qui évolue en sens inverse).
La BoJ, qui avait entamé son resserrement en mars 2024 après une décennie de politique ultra-accommodante, procède à son premier tour de vis monétaire depuis janvier, profitant d’une fenêtre de tir favorable au vu des conditions économiques mondiales.
Car le Japon, longtemps aux prises avec la déflation, connaît depuis 2022 une forte hausse des prix à la consommation, tirée par la flambée des prix des hydrocarbures et la dépréciation du yen.
La devise nippone continuait à reculer après l’annonce de la BoJ, dans le contexte d’incertitude quant à ses orientations futures: le dollar s’échangeait pour 156,00 yens vers 07H00, contre 155,68 yens dans la matinée.
Le discours du gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, prévu après la clôture, devait être particulièrement scruté par les investisseurs à la recherche d’indices sur ses intentions des prochains mois.
Le pétrole en baisse
Sur le marché du pétrole, les prix reculaient, pénalisés par les craintes d’un excédent mondial, malgré le ravivement des tensions entre les Etats-Unis et le Venezuela.
Vers 07h15, le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI) lâchait 0,23% à 56,02 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord reculait de 0,25% à 59,67 dollars.