Où investir en 2026?

Nicolas Mougeot, BCGE Wealth and Asset Management

2 minutes de lecture

Dollar en renforcement, retour des droits de douane, taux directeurs de la BNS ramenés à 0%. La résilience de l’investisseur suisse a été mise à l’épreuve.

 

Un contexte macroéconomique globalement porteur

En Suisse, la Banque nationale prévoit un léger tassement de l’activité, avec une croissance du PIB attendue à 1% en 2026 contre 1,5% cette année. À l’inverse, les Etats-Unis poursuivent sur leur lancée. La croissance devrait y atteindre 1,7% en 2025 avant de rebondir à 2,3% en 2026, selon les dernières projections de la Réserve fédérale. Cette vigueur américaine s’explique par un duo classique mais efficace: une politique monétaire redevenue accommodante, avec trois baisses de taux cette année, et une politique fiscale susceptible de devenir plus expansive en 2026, notamment via d’éventuelles réductions d’impôts. Dans ce décor, trois grandes thématiques se dégagent pour l’investisseur suisse.

1. Les actions suisses, des rendements stables

Avec des taux à zéro, le marché obligataire helvétique offre peu de perspectives : les obligations les plus sûres risquent de peiner à générer des gains réels. À l’inverse, les actions suisses conservent un solide attrait grâce à leurs dividendes. Sur la dernière décennie, la moitié du rendement total du SPI provient de leur versement. Dans un environnement où la visibilité reste précieuse, les valeurs helvétiques continuent ainsi de jouer leur rôle de génératrices de rendement stable, soutenues par des politiques de dividendes à la fois généreuses et régulières.

2. Santé: le grand retour d’un secteur de qualité

Longtemps considéré comme un pilier de croissance stable – entre 7 et 8% de progression bénéficiaire par an entre 2000 et 2019 –, le secteur de la santé a connu une phase de consolidation après l’euphorie liée au Covid-19. Depuis 2024, il regagne pourtant en dynamisme, dopé par deux mégatendances : l’obésité et l’oncologie. Les nouveaux traitements anti-obésité ont propulsé Novo Nordisk ou Eli Lilly, créant une bulle désormais retombée. Les fondamentaux, eux, demeurent: avec 13% de la population mondiale obèse et 39% en surpoids selon l’OMS, le marché dépasserait les 100 milliards de dollars.

Côté cancer, première cause de mortalité mondiale, les progrès dans les thérapies et la détection précoce soutiennent une croissance encore plus vaste: un marché estimé au-delà de 200 milliards de dollars. Le secteur de la santé redevient ainsi une valeur sûre pour qui cherche qualité et visibilité.

3. L’intelligence artificielle: une croissance qui n’a pas dit son dernier mot

Trois ans après l’explosion de ChatGPT, l’engouement pour l’IA reste vif. Certes, investir directement dans certains fabricants de semi-conducteurs peut sembler risqué, tant leurs valorisations sont élevées et la concurrence potentiellement féroce.  Mais élargir le spectre à toute la chaîne de valeur de l’IA ouvre des opportunités mieux équilibrées:

  • La consommation d’électricité va s’envoler, au bénéfice des utilities et des infrastructures énergétiques;
  • La multiplication des usages de l’IA accroît le risque de cyberattaques, rendant les entreprises de cybersécurité plus stratégiques que jamais;
  • La demande en cloud et en data centers devrait rester durablement soutenue.

Cette dynamique illustre aussi une réalité géopolitique: la polarisation technologique entre les Etats-Unis et la Chine. Pékin a déjà démontré son savoir-faire industriel avec les véhicules électriques; difficile d’écarter l’hypothèse d’un rattrapage – voire d’un dépassement – dans l’IA. Les spécialistes chinois, mais aussi sud-coréens et taïwanais, méritent donc une attention particulière… sous réserve d’une absence de crise majeure dans le détroit de Taïwan en 2026.

Malgré des taux suisses très bas et des valorisations parfois exigeantes, les opportunités d’investissement ne manquent pas pour 2026. Combiner rendement, via les actions suisses à dividendes élevés, qualité, grâce au secteur de la santé et croissance, en misant sur une approche diversifiée de l’IA pourrait constituer une stratégie équilibrée et résiliente pour l’investisseur helvétique.

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