Bruxelles veut exclure les énergies fossiles des fonds «verts»

AWP/AFP

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Des ONG et experts avaient appelé fin septembre la Commission à revoir la directive SFDR afin d’exclure a minima les entreprises impliquées dans le développement des énergies fossiles.

La Commission européenne a annoncé jeudi vouloir exclure les entreprises actives dans les énergies fossiles des placements financiers considérés comme «durables» dans l’UE, une mesure qui était réclamée par des ONG et experts environnementaux.

Bruxelles a présenté ses propositions pour la révision de la directive européenne sur la finance durable (ou SFDR), un texte mis en place en 2021 et censé inciter les épargnants à miser sur des investissements plus vertueux, grâce à un système de classification des fonds.

Mais des ONG et experts, dont l’association Reclaim Finance, le collectif Notre affaire à tous ou le climatologue Jean Jouzel, avaient appelé fin septembre la Commission à revoir totalement ce classement, jugé trop flou et beaucoup trop permissif, afin d’exclure a minima les entreprises impliquées dans le développement des énergies fossiles.

La proposition de la Commission paraît répondre à cette demande, puisqu’elle reconnaît que le classement existant pouvait être trompeur pour les épargnants, et propose une nouvelle classification en trois catégories beaucoup plus strictes.

La première, dite «durable», exclut d’emblée les investissements dans les entreprises «qui sont actives dans les énergies fossiles ou fortement émettrices de CO2, ou qui développent des activités dans les énergies fossiles», selon un communiqué.

La deuxième catégorie, dite «de transition», exclut notamment les entreprises «qui génèrent des revenus significatifs du charbon ou de l’expansion de leurs activités d’énergies fossiles».

Une dernière dite «ESG basiques» (en référence aux engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance), moins contraignante, exclut les entreprises tirant des revenus significatifs du charbon.

Toutes ces catégories intègrent aussi d’autres critères, notamment en matière d’impact social et environnemental.

La Commission, qui entend ainsi mieux lutter contre le «greenwashing», a été devancée dans sa démarche par le gendarme boursier européen, l’Esma. Ce dernier a obligé cette année les fonds utilisant les expressions «durable» ou «ESG» dans leur nom à exclure les entreprises qui tirent plus de 1% de leurs revenus du charbon, ou plus de 10% du pétrole.

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