L’IA continue d’alimenter l’essor des marchés américains, mais les risques augmentent

Vincenzo Vedda, DWS

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Il devient de plus en plus difficile de déterminer si une entreprise est un client, un partenaire stratégique, un investisseur ou un concurrent.

Business as usual aux Etats-Unis: les caprices douaniers se poursuivent allègrement, le blocage de l’administration fédérale américaine dure depuis plus de cinq semaines maintenant et l’euphorie autour de l’intelligence artificielle (IA) continue de faire grimper les cours. Depuis l’introduction de ChatGPT, seules 41 actions liées à l’IA dans l’indice américain S&P 500 sont responsables des trois quarts des gains boursiers. «Les actions américaines atteignent des niveaux records, la concentration est énorme. À court terme, il semble encore y avoir suffisamment de marge pour de nouvelles hausses des cours», déclare Vincenzo Vedda, stratège en chef des investissements. Au-delà de leur valorisation élevée, l’interdépendance croissante des entreprises d’IA pourrait s’avérer problématique. Il devient de plus en plus difficile de déterminer si une entreprise est un client, un partenaire stratégique, un investisseur ou un concurrent.

On pourrait avoir l’impression que le secteur se suffit désormais à lui-même. La diversification est en tout cas à l’ordre du jour, y compris dans le domaine des actions. «Nous sommes désormais plus optimistes pour les actions allemandes, qui n’ont pas vraiment progressé depuis fin mai», déclare M. Vedda. Les effets positifs des programmes de dépenses publiques dans le budget de la défense et les investissements dans les infrastructures devraient se faire sentir au cours de l’année à venir et pourraient mettre fin à la stagnation des cours.

Légers ajustements à la baisse ont été opérés dans l’évaluation des obligations d’entreprises européennes de bonne qualité. Les écarts de taux par rapport aux obligations d’Etat sont désormais extrêmement faibles et ne s’élèvent plus qu’à 76 points de base, soit 0,76 point de pourcentage. La marge de manœuvre en cas de surprises négatives est donc réduite. Toutefois, l’environnement reste favorable à cette classe d’actifs, car la demande reste solide.

Conjoncture: croissance plus forte que prévu dans la zone euro – l’Allemagne toujours en stagnation

  • Les données relatives à la croissance économique dans la zone euro au troisième trimestre ont surpris positivement: 0,2% au lieu des 0,1% attendus. Etonnant: l’économie française a progressé de 0,5%. Peu surprenant: l’économie allemande a stagné.
  • Aux Etats-Unis, la confiance des consommateurs a légèrement reculé. Les perspectives en matière d’emploi et de revenus sont considérées de manière de plus en plus critique.

Inflation: la zone euro se rapproche de la barre des 2%

  • En Allemagne, le taux d’inflation a légèrement reculé en octobre à 2,3% (septembre: 2,4%), principalement en raison de la baisse des prix de l’énergie. Dans le secteur des services, l’inflation est restée élevée, à 3,5%. Dans l’ensemble, la zone euro est en passe d’atteindre la barre des 2%.
  • Aux Etats-Unis, les risques d’inflation restent élevés. Il n’est pas encore clair si les droits de douane entraîneront une hausse généralisée des prix ou si les producteurs se contenteront de marges plus faibles.

Banques centrales: De nouvelles baisses des taux d’intérêt attendues aux Etats-Unis

  • Sans grande surprise, la Réserve fédérale américaine a abaissé ses taux directeurs de 0,25 point de pourcentage, les ramenant à 3,75-4,00%. Plus surprenant, le président de la Fed, Jerome Powell, a déclaré qu’une nouvelle baisse des taux en décembre n’était pas acquise.
  • La Banque centrale européenne a quant à elle maintenu ses taux directeurs inchangés à 2,0%.

Risques: L’intelligence artificielle doit tenir ses promesses, incertitudes politiques

  • Si, aux Etats-Unis, les baisses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine ne se concrétisent pas comme prévu ou si les investissements élevés dans l’intelligence artificielle ne conduisent pas aux augmentations de rendement espérées, cela pourrait mettre sous pression les marchés boursiers américains, dont les valorisations sont très élevées.
  • La situation politique instable en France, combinée à un endettement élevé, constitue un mélange explosif pour le pays et pour l’Union européenne.
     

Vous trouverez l’aperçu complet du marché ci-dessous (en anglais).

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