Les risques physiques liés au climat pèsent lourdement sur les portefeuilles mondiaux

Communiqué, MSCI & Swiss Re

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Une étude conjointe menée par MSCI et Swiss Re met en évidence l’ampleur de l’exposition aux risques physiques et environnementaux, à l’approche des négociations cruciales de la COP30.

Les risques physiques liés au changement climatique s’intensifient dans les portefeuilles des grands investisseurs institutionnels à l’échelle mondiale, alors que les aléas environnementaux perturbent de plus en plus les chaînes d’approvisionnement.

Une étude conjointe menée par MSCI et Swiss Re auprès de 18 des plus grands propriétaires d’actifs mondiaux met en évidence l’ampleur de l’exposition aux risques physiques et environnementaux, à l’approche des négociations cruciales de la COP30. 

L’analyse, portant sur plus de 11'000 entreprises et 500'000 actifs physiques, révèle une vulnérabilité structurelle préoccupante si des mesures d’adaptation et de résilience ne sont pas rapidement mises en œuvre.

Des risques physiques systémiques et sous-estimés

  • 55% des entreprises détenues dans les portefeuilles d’actions cotées de ces fonds de pension sont aujourd’hui exposées à des aléas physiques significatifs.
  • Environ un quart de la valeur totale des actions se trouve dans des zones à risque élevé, classées 9/10 ou plus sur l’échelle de gravité des risques physiques de MSCI.
  • Près des deux tiers des participations font face à trois risques ou plus – notamment les vagues de chaleur, la pénurie d’eau et les inondations.
  • Seules 16% des entreprises les plus exposées intègrent formellement le risque physique dans leur gestion des risques d’entreprise.
  • Les risques cachés dans les chaînes d’approvisionnement mondiales amplifient cette vulnérabilité: les entreprises étudiées génèrent en moyenne 50% de leur production hors de leur pays d’origine, souvent répartie sur trois pays ou plus.

Des pertes économiques majeures pour le secteur de l’assurance et les investisseurs

Les pertes économiques dues aux catastrophes naturelles ont atteint des niveaux records en 2024:

  • 137 milliards USD de pertes assurées et 318 milliards USD de pertes économiques totales, laissant un déficit de protection de 181 milliards USD.
  • Pour les investisseurs, l’enjeu majeur réside dans l’interruption d’activité: pertes de production, retards logistiques et perturbations commerciales pourraient représenter jusqu’à 1 070 milliards USD de pertes potentielles.
  • À titre de comparaison, les dommages matériels directs aux actifs sont estimés à environ 76 milliards USD, bien inférieurs aux pertes liées à la désorganisation opérationnelle.

Les analyses de performances boursières montrent également que les entreprises exposées à des cyclones tropicaux sous-performent systématiquement autour des périodes d’impact, mais que celles qui investissent dans l’adaptation et la résilience se rétablissent plus rapidement et préservent leur valeur à long terme.

Des écarts considérables entre portefeuilles

L’étude révèle des différences marquées entre investisseurs:

  • La part d’actifs fortement exposés varie de 14% à 61% selon les portefeuilles.
  • 89% des actifs analysés sont exposés à au moins deux risques physiques d’intensité élevée (≥8/10).
  • Les vagues de chaleur et les précipitations extrêmes représentent les menaces les plus lourdes, avec des pertes annuelles moyennes estimées à 2,2% et 1,1% du chiffre d’affaires pour les entreprises les plus touchées.

Malgré cela, seules 16% des entreprises les plus vulnérables déclarent avoir intégré ces risques dans leur gouvernance et leurs pratiques de gestion.

Vers une prise de conscience accélérée

Selon MSCI et Swiss Re, ces résultats appellent à une intégration urgente du risque physique dans les stratégies d’investissement, à travers une meilleure évaluation des actifs, une cartographie précise des expositions et des investissements accrus dans la résilience climatique.

«Les risques physiques ne sont plus une menace lointaine: ils impactent dès aujourd’hui la performance et la valeur des portefeuilles à l’échelle mondiale. Les investisseurs capables d’anticiper et d’adapter leurs stratégies en sortiront renforcés», souligne un représentant de MSCI.

 

Cliquez ici pour accéder à l'étude complète (en anglais).

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