La croissance en zone euro surprend positivement, sans euphorie

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La progression du PIB au troisième trimestre atteint 0,2% par rapport au trimestre précédent. Les analystes tablaient sur seulement 0,1%.

La croissance en zone euro a surpris positivement au troisième trimestre, en particulier grâce à un bon chiffre en France, mais les analystes appellent à la prudence en l’absence d’éléments accréditant l’hypothèse d’une véritable accélération.

La croissance du produit intérieur brut au troisième trimestre a atteint 0,2% par rapport au trimestre précédent, selon l’office des statistiques de l’UE.

Le consensus des analystes de FactSet et Bloomberg tablait sur un chiffre inférieur (0,1%).

Sur un an, la croissance du PIB a atteint 1,3% dans les 20 pays de la zone euro et 1,5% dans toute l’Union européenne,

Saluant la performance, les analystes de la banque ING sont toutefois restés mesurés.

«Les enquêtes sur l’économie sont devenues plus optimistes malgré l’incertitude mondiale. Nous restons cependant prudents quant à savoir si cela marque le début d’une accélération soutenue de la croissance», écrit ainsi la banque dans une note d’analyse.

C’est en Suède que la croissance a été la plus forte (+1,1%), mais la France a surpris positivement, en dépit de son instabilité politique, avec un chiffre de +0,5%, qui la place dans le peloton de tête avec l’Espagne (0,6%), loin devant l’Allemagne et l’Italie où la croissance a été nulle (0,0%).

Les investissements et les exportations ont bondi en France, en partie grâce à la bonne santé du secteur aérospatial, relève ING, qui se demande néanmoins si une «croissance soutenue peut être durable compte tenu de l’incertitude politique».

«Loin de la récession»

Les Pays-Bas, où des élections législatives ont eu lieu mercredi, ont également dépassé les attentes avec un taux de croissance solide de 0,4 %. Le Portugal fait également bonne figure avec +0,8% au troisième trimestre.

En revanche, des baisses ont été enregistrées en Irlande et Finlande (-0,1%) et en République tchèque (-0,2%), selon Eurostat.

Certes, «la zone euro est restée loin de la récession malgré tous les bouleversements mondiaux et domestiques», explique encore ING. Mais, «les preuves d’une véritable accélération soutenue de la croissance grâce aux promesses d’investissements supplémentaires ne sont pas encore présentes», ajoute-t-elle.

Cette première estimation de la croissance dans la zone euro intervient quelques heures avant une réunion de la Banque centrale européenne (BCE), au cours de laquelle, elle devrait maintenir ses taux inchangés, selon les analystes.

En septembre, la BCE avait revu à la hausse ses prévisions de croissance en zone euro pour 2025 mais a abaissé celles de 2026. Cette année, l’économie de la zone euro devrait croître de 1,2%, soit +0,3 point de pourcentage par rapport à l’estimation de juin, avait alors prédit la banque centrale européenne.

Le 14 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) avait lui aussi revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la zone euro cette année. La croissance en zone euro est désormais attendue à 1,2%, soit 0,2 point de plus que dans les précédentes prévisions de l’institution de Washington publiées en juillet.

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