L’économie allemande a échappé d’un cheveu au troisième trimestre à la récession, avec une stagnation du PIB faisant suite à un recul au trimestre précédent, selon une première estimation publiée jeudi, signe que le pays peine à se sortir de deux années de recul consécutives.
Entre juillet et septembre, le Produit intérieur brut de la première économie européenne a stagné, selon l’office statistique Destatis, tandis que les analystes de la plateforme Factset s’attendaient à un timide rebond de 0,1%, après un recul révisé à -0,2% au deuxième trimestre.
Selon les premières estimations, les investissements en équipements ont évolué positivement au troisième trimestre 2025, tandis que les exportations ont diminué par rapport au trimestre précédent, a détaillé Destatis.
Les exportations avaient profité en début d’année d’effets d’anticipation des droits de douane américains, avant que les surtaxes imposées par Donald Trump à l’UE, effectives depuis l’été, ne grippent le commerce mondial.
Le chancelier conservateur Friedrich Merz compte sur un effort budgétaire conséquent pour relancer l’économie, avec un fonds de plusieurs centaines de milliards d’euros destiné à moderniser la défense et les infrastructures, mais dont les effets devraient se faire sentir sur la croissance en 2026.
«Se reposer sans cesse sur l’impulsion du fonds spécial ne suffira pas à long terme : des réformes favorisant la croissance sont désormais indispensables», note Jens-Oliver Niklasch de la banque LBBW.
Le bilan allemand apparaît d’autant plus morose que la situation semble meilleure dans les autres pays de la zone euro, dont la France, où le PIB a rebondi de 0,5% lors du trimestre d’été.
Un autre signe de stagnation en Allemagne est venu du marché du travail : le taux de chômage en Allemagne est resté inchangé à 6,3% en octobre, en données corrigées des variations saisonnières, un niveau stable depuis mars, a indiqué jeudi l’Agence fédérale pour l’emploi.
En données brutes, le nombre de chômeurs a reculé de 44 000 sur un mois, à 2,91 millions, repassant sous le seuil des 3 millions.
L’agence note toutefois un «manque de dynamisme» de la reprise automnale et la faiblesse de la demande de nouveaux emplois.
Les indicateurs avancés en Allemagne «ne laissent guère présager d’amélioration pour les un à deux prochains trimestres», a ajouté M.Niklasch.