Les écarts salariaux entre hommes et femmes, qui sont malheureusement toujours une réalité en Suisse, ont des répercussions sur le financement de la retraite. Il est constaté que ce sont plus fréquemment les femmes qui réduisent leur taux d’activité ou l’interrompent pour s’occuper de la famille, entraînant pour elles une diminution assez nette des prestations de vieillesse si aucune mesure d’amélioration n’est prise.
Sachant que l’espérance de vie des femmes est plus élevée et induit un besoin accru de ressources financières par rapport aux hommes, il est nécessaire qu’elles s’intéressent à améliorer leur prévoyance dès le début de leur activité professionnelle. D’une part parce que les capacités de cotisation sont plus importantes à ce moment-là, et, d’autre part, parce que le temps à disposition est l’atout majeur dans la planification.
Le 1er pilier (AVS) est assez équitable entre homme et femmes car des bonifications pour tâches éducatives, soit des revenus «virtuels» additionnés aux cotisations ordinaires, leur sont créditées pour les années durant lesquels des enfants étaient à charge.
Rachats possibles
En revanche, les femmes peuvent être fortement pénalisées dans le cadre du 2e pilier (LPP) qui est uniquement alimenté par les cotisations personnelles, donc directement impacté lors d’une baisse du taux d’activité. Afin de compenser ce désavantage, il faut connaître le montant d’une éventuelle lacune de cotisations, qui doit être communiqué par la caisse de pension, afin de la racheter durant les années de travail à temps plein.
Les rachats sont déductibles du revenu imposable et permettent ainsi d’augmenter son avoir de prévoyance, et donc ses prestations de retraite futures, tout en réduisant sa charge fiscale courante.
Enfin, la prévoyance individuelle (3e pilier a) ne doit pas être négligée comme outil de financement de la retraite. Un capital important peut en effet être constitué avec les années. Depuis le 1er janvier de cette année, il est désormais possible, à certaines conditions, de combler des lacunes du 3e pilier, pour autant qu’une activité lucrative ait été exercée, même à temps partiel, permettant ainsi à certaines femmes d’améliorer leurs prestations de retraite.