Le chimiste de la construction Sika lance un vaste plan de restructuration destiné à redorer sa rentabilité au sortir d’un troisième trimestre morose. La direction ravale par ailleurs une bonne partie de ses ambitions de croissance à moyen terme.
Le programme de restructuration prévoit notamment une réduction des effectifs à hauteur de 1500 personnes. Des coûts uniques liés à ces mesures de 80 à 100 millions de francs seront comptabilisés avant la fin de l’année, prévient la multinationale zougoise dans son rapport d’étape vendredi.
Des investissements additionnels de 120 à 150 millions seront destinés au final à alléger d’ici 2028 la base de coûts de 150 à 200 millions par année.
Les coupes se concentreront notamment sur la Chine. La plupart des licenciements ont d’ores et déjà été prononcés, a indiqué n porte-parole à l’agence AWP.
Le chimiste de la construction emploie pour l’heure quelque 34’000 collaborateurs. La direction promet de livrer le 27 novembre de plus amples détails sur sa cure de remise en forme, à l’occasion d’une journée dédiée aux investisseurs et à la presse.
Contraction tous azimuts
Chiffre d’affaires, excédent d’exploitation, bénéfice net: Sika accuse au terme des trois premiers trimestres de 2025 un recul généralisé de ses indicateurs de performance.
Les revenus se sont en comparaison annuelle tassés de 3,8% à 8,58 milliards de francs, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 3,3% à 1,64 milliard et le bénéfice net de 5,6% à 870,9 millions.
La performance a été notoirement plombée par un accès de faiblesse en Asie/Pacifique, ou les ventes se sont lézardées de près de 9% à 1,91 milliard en raison des déboires de l’industrie chinoise de la construction.
La restructuration vient esquinter l’ambition de marge brute d’exploitation (Ebitda) pour l’exercice en cours, qui devrait s’étioler à 19,0% en lieu et place des 19,5 à 19,8% précédemment articulés et après avoir atteint 19,2% sur les trois premiers partiels cumulés. L’entreprise espère par contre pouvoir toujours afficher une croissance modeste en monnaies locales.
Contrariétés durables
Les difficultés rencontrées jusqu’ici viennent aussi assombrir les perspectives à plus long terme également. La direction ramène ses perspectives de croissance annualisée hors effets de change dans un couloir de 3 à 6%, contre 6 à 9% au dernier pointage.
«Les anciennes prévisions basaient sur une croissance du marché de 2,5%» alors que ce dernier stagne, voire recule, «d’où cet ajustement», a expliqué le directeur général Thomas Hasler.
La marge Ebitda doit d’ici là progresser pour s’établir dans un couloir de 20 à 23%.
Les analystes se montrent tiraillés entre déception à la lecture des chiffres et espoirs de redressement suite aux mesures d’assainissement.
Les 1500 suppressions de postes représentent 4% des effectifs à l’échelle du groupe, ou 17% de ceux de la seule région Asie/Pacifique, calcule Oliver Dyson, pour Banque royale du Canada (RBC). Patrick Laager, pour Berenberg, reconnaît que sa recommandation à l’achat n’a à ce jour pas payé, mais que les choses «avancent rapidement», paraphrasant le surnom attribué par le groupe à son plan de restructuration.
A la clôture de la Bourse suisse, la nominative Sika a reculé de 0,5% à 176 francs, dans un indice vedette SMI en petite progression de 0,09%.