France: dégradation de note, risque systémique maîtrisé

Mathieu Racheter, Julius Baer

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La dégradation inopinée de la note de la France à A+ par S&P a ravivé la pression sur les obligations françaises après un bref répit politique.

 

Le répit politique dont a récemment bénéficié la France s'est avéré de courte durée. Après que le Premier ministre Sébastien Lecornu ait survécu de justesse à un vote de défiance en suspendant la réforme des retraites, les marchés ont d'abord salué la disparition du risque d'élections anticipées. 

Cependant le sentiment a basculé à nouveau lorsque S&P a abaissé de manière inattendue la note souveraine de la France à A+, invoquant le blocage de la consolidation budgétaire et l'incertitude budgétaire accrue. Le timing de cette dégradation inopinée a pris les investisseurs au dépourvu et a poussé les rendements des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à la hausse, en particulier sur les échéances longues, tandis que le spread OAT-Bund s'est élargi. 

Cette dégradation met en évidence un défi majeur: un Parlement divisé limite la capacité de la France à mener une consolidation crédible, alors même que les coûts d'emprunt ont augmenté. Avec la réforme des retraites gelée, les agences de notation s'interrogent sur l'ancrage budgétaire à moyen terme du gouvernement. Une petite partie des investisseurs ayant des seuils de notation stricts pourraient désormais réduire leur exposition, ce qui augmenterait la volatilité marginale, même si la France reste fermement notée «investment grade» et largement éligible dans les indices de référence.

Malgré la pression renouvelée, nous ne voyons pas de répercussions systémiques. Les risques de fragmentation de la zone euro sont maîtrisés, le contexte de la BCE reste favorable et les conditions de financement de la France sont loin d'être critiques. Cependant, la volatilité des marchés devrait persister à mesure que les négociations budgétaires se déroulent. Nous maintenons une position prudente sur les actifs français et continuons à préférer l'Allemagne au sein de la zone euro. Cet épisode renforce notre opinion initiale: la France est confrontée à des turbulences politiques et à des fluctuations des écarts de taux, mais cela ne marque pas le début d'une crise plus vaste de la dette dans la zone euro.

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