Les marchés asiatiques sont à la peine vendredi, partageant les inquiétudes mondiales quant à la stabilité financière des banques régionales américaines et aux tensions entre la Chine et les Etats-Unis, tandis que le yen poursuit sa remontée.
Craintes sur le secteur bancaire
Les titres en Bourse de deux banques régionales américaines, Zions Bancorporation et Western Alliance, ont chuté jeudi à Wall Street après que celles-ci ont révélé avoir été confrontées à des emprunts frauduleux, faisant craindre des avaries sur le secteur.
Ces appréhensions s’ajoutent à un nouveau raidissement des relations commerciales entre Pékin et Washington après l’annonce par la Chine la semaine dernière de contrôles accrus sur les exportations de technologies liées aux terres rares, essentielles pour le numérique, l’automobile, l’énergie ou encore l’armement.
«Les marchés sous-estiment le risque d’une escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, du moins une escalade tactique significative avant une désescalade à plus long terme», a estimé Michael Wan de MUFG.
Sur les places chinoises, l’indice Hang Seng de Hong Kong lâchait 2,15% vers 06H45 GMT. Shanghai reculait de 1,8% et Shenzhen abandonnait 2,4%.
Taipei a reculé de 1,25%. Séoul a terminé à l’équilibre (+0,01%).
Incertitude politique au Japon
Sur le marché japonais, les actions subissent par ailleurs la remontée du yen, négative pour les groupes exportateurs, alors que ces facteurs d’inquiétudes poussent les investisseurs vers des valeurs refuges.
L’indice vedette Nikkei a perdu 1,44% à 47.582,15 points, et le Topix 1,03% à 3.170,44 points.
Le marché nippon, déstabilisé par l’incertitude politique avant un vote au Parlement pour désigner un Premier ministre la semaine prochaine, surveille aussi attentivement les tractations entre les divers partis tentant de former de fragiles alliances.
Les chances de la candidate ultra-nationaliste Sanae Takaichi, élue début octobre à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir, ont été amoindries par le départ du partenaire de coalition du PLD jusque-là, le parti centriste Komeito.
Mais les principaux dirigeants de l’opposition ont confirmé cette semaine leurs «divergences», tandis que Mme Takaichi mise désormais sur une entente avec le parti populiste Ishin, de centre droit.
«Les actions pourraient réagir positivement à l’annonce de nouvelles concernant la politique intérieure, comme des progrès dans la formation d’une coalition entre le PLD et le parti Ishin», a commenté Keita Yamaguchi de Monex Securities.
Le yen poursuit son rebond
La devise nippone continuait à s’apprécier face au dollar, à 149,82 yens pour un dollar (+0,4%) vers 06h45 GMT.
L’or, refuge traditionnel face à l’instabilité, se hissait vendredi à un nouveau sommet historique, à 4379,93 dollars l’once. L’argent a aussi atteint un niveau record.
Le marché du pétrole évoluait toujours dans le rouge, après un appel jeudi entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine jugé positif par le président américain.
La pression que le locataire de la Maison Blanche exerce depuis des semaines sur ses alliés pour qu’ils cessent d’importer du pétrole russe et qu’ils sanctionnent les pays qui continuent à le faire contribue en effet à maintenir des prix élevés.
Vers 06h40 GMT, le baril de WTI nord-américain perdait 0,07% à 57,42 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,05% à 61,03 dollars.
Les banques en recul
Les banques asiatiques étaient victimes de la nervosité des investisseurs après les déboires des établissements régionaux américains: au Japon MUFG a reculé de 3%, SMFG de 3,1% et Mizuho de 4%.
A Hong Kong HSBC perdait 1,4% et à Séoul Woori Financial Group a abandonné 1,6%.