ABB a poursuivi sa croissance au troisième trimestre, bénéficiant de la demande dans l’électrification et l’automation. Le groupe a annoncé changer de chef des finances au 1er février 2026 en la personne de Christian Nilsson, qui succède à Timo Ihamuotila.
«Les taux de croissance du secteur des centres de données sont durables», a assuré en téléconférence le directeur général (CEO) d’ABB, Morten Wierod. La demande fut «particulièrement forte», encouragée par l’essor de l’intelligence artificielle, avec une progression des prises d’ordres à deux chiffres de juillet à fin septembre.
La division dédiée à l’électrification a ainsi affiché des prises de commandes en hausse de 10% à périmètre comparable totalisant 4,52 milliards de dollars, et des recettes améliorées de 13% à presque 4,5 milliards.
Au niveau du groupe, les entrées de commandes ont crû de 9% sur un an à 9,14 milliards de dollars. Le chiffre d’affaires a atteint 9,08 milliards, soit une progression de 9%. L’activité des clients dans le secteur de l’énergie est restée en forme quand celle dans l’industrie du papier ainsi que de la chimie et des mines est restée modérée. Celle dans l’automobile et dans les bâtiments résidentiels a montré des faiblesses.
Le géant zurichois n’a «constaté aucun impact significatif sur la demande ou la rentabilité» des droits de douane américains, entrés en vigueur début août sur les produits estampillés à la croix blanche, selon le patron. La région Amériques a constitué le plus gros contingent tant en termes de commandes qu’en termes de revenus. Les premières ont crû de 19% à 3,62 milliards de dollars et les seconds de 12% à 3,34 milliards. «Nous avons remporté plusieurs beaux projets d’envergure aux Etats-Unis», a ajouté le CEO.
Bond de la trésorerie
Le résultat opérationnel (Ebita) du groupe s’est amélioré de 9% à périmètre comparable à 1,74 milliard de dollars, pour une marge afférente de 19,2%, après 19,0%. Le bénéfice net a bondi à 1,21 milliard de dollars, en hausse de 28%. Quant aux flux de liquidités libres, ils ont bondi de 32% à 1,55 milliard. ABB a dépensé 344 millions de dollars pour poursuivre son programme de rachat d’actions lancé en début d’année.
Sur les neuf premiers mois de 2025, les prises de commandes ont crû de 9% à 28,14 milliards et les revenus de 6% à 25,92 milliards. Le rapport entre les commandes et les encaissements (ratio book-to-bill) a atteint 1,09, reflétant une bonne dynamique.
Au quatrième trimestre, la direction mise sur une croissance des revenus autour de 5%, mais sur un recul de la marge Ebita d’environ -150 points de base par rapport au troisième partiel. Pour 2025, le ratio book-to-bill doit être positif, la progression des recettes osciller autour de 5% et la marge Ebita se situer dans le haut de la fourchette 16%-19%, après 18,1% en 2024.
Dans leur ensemble, les analystes ont salué la copie rendue. La Banque cantonale de Zurich (ZKB) souligne ainsi qu’ABB évolue de manière très positive, tiré par les centres de données dont l’activité continue d’afficher une croissance à deux chiffres. Avec la vente de son activité de robotique à Softbank, le groupe affichera des marges et des rendements de capitaux plus élevés. La ZKB espère des objectifs financiers plus ambitieux lors de la journée des investisseurs en novembre.
A la Bourse suisse, l’action, elle, a fait du yo-yo. A la clôture, elle a perdu 0,64% à 59,18 francs, dans un SMI en hausse de 1,38%.