Le FMI juge «absolument essentiel» que l’Europe renforce sa croissance face aux USA

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Era Dabla-Norris, directrice adjointe du département des affaires budgétaires, incite les responsables politiques du continent à faire des «choix plus intelligents» concernant les dépenses publiques.

Il est «absolument essentiel» pour les pays européens de renforcer leur croissance et leur productivité afin de combler leur retard avec les Etats-Unis, a appelé mercredi une responsable du FMI, qui incite les responsables politiques du continent à faire des «choix plus intelligents» concernant les dépenses publiques.

Selon le Fiscal Monitor, le rapport annuel publié mercredi par le Fonds monétaire international (FMI) sur les politiques budgétaires, si les économies avancées, dont l’Union européenne (UE), réorientaient un point de PIB de dépenses publiques pour renforcer les investissements, cela entraînerait une hausse de 1,5% de la croissance sur les cinq à dix prochaines années.

«C’est une stratégie gagnante pour l’Europe», a assuré Era Dabla-Norris, directrice adjointe du département des affaires budgétaires du Fonds, lors d’un entretien avec l’AFP. «Il ne s’agit pas de dépenser plus mais de mieux allouer les moyens afin de s’assurer que le retour sur investissement est le plus élevé possible».

Dans son rapport, le Fonds reconnaît la difficulté pour les Etats de disposer de plus de moyens, les incitant plutôt à réfléchir à la manière dont ils dépensent ceux à leur disposition, en ciblant en particulier la recherche et développement et les investissements publics, pour lesquels les effets sur la croissance sont plus élevés.

«Il est très difficile pour les économies avancées de libérer des marges de manoeuvre», a reconnu Mme Dabla-Norris, «il y a peu de dépenses discrétionnaires et une certaine rigidité dans celles existantes».

Pour les pays européens, «les solutions sont là», a insisté Mme Dabla-Norris, faisant référence au rapport Draghi, auxquels les responsables du FMI se sont largement référés ces derniers jours en regrettant l’inaction européenne.

«Nous avons répété à plusieurs reprises la nécessité pour l’Europe d’avoir un véritable plan d’ensemble, avec de la simplification en terme de régulation, un marché unique des capitaux et une union bancaire, tout cela peut aider» les pays de la zone euro, a-t-elle insisté.

Etats-Unis et Chine, mastodontes de la dette

Plus largement, le Fiscal Monitor a confirmé l’inquiétude du FMI face à la hausse de la dette publique au niveau mondial, qui devrait atteindre l’équivalent de 100% du PIB d’ici 2029, principalement tirée par les Etats-Unis, la Chine et l’UE.

Pour la première économie mondiale, il existe toujours une certaine «marge budgétaire» mais il est nécessaire «d’inverser la courbe d’endettement», afin d’être en capacité de faire face aux crises à venir, a rappelé Mme Dabla-Norris.

Selon le département du Trésor, la dette de l’Etat fédéral devrait atteindre l’équivalent de 125% du PIB américain d’ici à la fin de l’année.

«Nous ne pouvons pas prévoir les chocs à venir, que ce soit une nouvelle pandémie ou autre chose, mais nous savons que ces chocs se produiront. Disposer de la marge budgétaire nécessaire est une bonne chose, pour tous les pays, pas uniquement les Etats-Unis», a-t-elle défendu.

«Le haut niveau de dette augmente la vulnérabilité de l’économie américaine, et pour le reste du monde. C’est l’une des raisons pour laquelle nous appelons à inverser la courbe», a appuyé Era Dabla-Norris.

En Chine, la problématique est différente: la dette, qui se rapproche d’un ratio de 100% du PIB, est principalement portée par les gouvernements locaux, tandis que le gouvernement central dispose de larges marges d’endettement.

Ce qui pousse le FMI a réitérer la nécessité d’un soutien plus marquée à l’économie afin de renforcer une croissance en décélération constante ces dernières années et éviter les pressions déflationnistes.

«La Chine mène une politique budgétaire expansionniste, à raison», a souligné Mme Dabla-Norris, mais «trop d’investissement peut à un moment donné ne plus être efficace».

Elle invite plutôt le gouvernement chinois à renforcer les filets de sécurité, notamment dans le domaine social, afin de renforcer la confiance des ménages et faire pivoter l’économie chinoise vers un soutien par la consommation intérieure plutôt que l’exportation.

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