L’économie mondiale résiste pour l’instant à l’incertitude et aux tensions, estime le FMI

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L’institution s’attend à voir l’économie mondiale terminer cette année en croissance de 3,2%, soit 0,2 point de pourcentage de mieux que lors de ses dernières prévisions en juillet.

Malgré une incertitude persistante, provoquée par les droits de douane mis en place par Donald Trump et les tensions commerciales qu’ils ont déclenchées, l’économie mondiale continue de montrer des capacités de résistance bienvenues, tant en 2025 qu’en 2026, d’après les dernières données publiées mardi par le FMI.

L’institution s’attend à voir l’économie mondiale terminer cette année en croissance de 3,2%, soit 0,2 point de pourcentage de mieux que lors de ses dernières prévisions, en juillet, qui avaient déjà connu une réévaluation équivalente.

Cela devrait se poursuivre en 2026, puisque le FMI anticipe pour l’heure une croissance mondiale à 3,1%

En publiant son traditionnel rapport annuel sur l’économie mondiale (WEO), le Fonds monétaire international (FMI) a tenu à une mise au point.

L’incertitude actuelle complique son travail de prévision, même si la stabilisation des droits de douane américains, désormais à un niveau nettement plus élevé qu’il y a un an, permet d’y voir un peu plus clair.

mais la tendance envisagée confirmerait celle observée depuis la pandémie de Covid-19 d’un PIB mondial qui continue de croître, mais moins vite.

Ces prévisions du FMI ont été réalisées avant la nouvelle poussée de tensions entre Washington et Pékin et la menace de nouveaux droits de douane par Donald Trump.

«Nous avons un scenario alternatif de croissance à la baisse», a reconnu le chef-économiste du Fonds, Pierre-Olivier Gourinchas, lors d’une conférence de presse, «cela montre que l’économie peut prendre une tournure plus préoccupante si les tensions commerciales deviennent plus élevées».

Au passage, M. Gourinchas a rappelé que le transfert complet de l’impact des droits de douane vers l’économie «prend du temps».

«Le choc commercial a été, dans une certaine mesure, moindre qu’anticipé», grâce notamment aux «accords commerciaux et aux exemptions» annoncés depuis entre les États-Unis et plusieurs de ses principaux partenaires économiques, mais aussi parce que ces derniers «se sont abstenus de prendre des mesures de représailles», a-t-il ajouté.

Les conséquences de la politique protectionniste américaine se font tout de même sentir, notamment dans la réorientation des flux commerciaux, depuis la Chine, par exemple, qui échange désormais plus avec l’Asie et l’Europe et moins avec les États-Unis.

L’Europe avance peu

Pour la première puissance économique mondiale, les droits de douane participent au ralentissement de l’économie, qui devrait terminer l’année moins dynamique que 2024, mais malgré tout au-dessus de 2% de croissance (2%, avec une révision de 0,1 point comparé à juillet), et rester sur cette lancée en 2026 (2,1%).

Les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) soutiennent la croissance américaine, mais l’économie est lestée par un marché du travail qui montre des signes de faiblesse et une consommation qui ralentit quelque peu.

Mais cela comporte également un «risque, si des investissements et une consommation» liés à l’IA «se renforcent, cela pourrait pousser à un resserrement de la politique monétaire pour contenir les prix» à un moment où la Réserve fédérale (Fed) baisse plutôt ses taux.

Il s’attend par ailleurs à «une correction sévère de la part des marchés» si les promesses de revenus ne se matérialisent pas, avec à la clé «une perte de richesse, de consommation et d’investissement», qui pèserait sur l’économie.

Concernant la zone euro, si son économie devrait terminer l’année mieux qu’anticipé il y a trois mois (1,2% contre 1% en juillet), elle continuera de tourner au ralenti en 2026, avec une croissance tout juste au dessus de 1% (1,1%).

En cause, des économies allemande, française et italienne qui s’installent durablement dans un cycle de croissance inférieur à 1%, avec 0,9% attendu pour les deux premières et 0,8% pour l’Italie en 2026.

Exception majeure au tableau: l’Espagne devrait voir son économie croître de 2,9% cette année, la plus performante parmi les économies avancées. Elle devrait tourner moins fort en 2026, tout en atteignant les 2%.

Les prévisions restent inchangées pour la Chine, dont la croissance restera sous les 5% cette année et en 2026, avec respectivement 4,8% et 4,2% attendus.

«Il y a de sérieuses interrogations sur le modèle de croissance chinois», a relevé M. Gourinchas, «la bulle du secteur immobilier reste une source de faiblesse» alors qu’une croissance centrée sur les exportations «n’est pas soutenable», en particulier alors que l’économie chinoise «reste proche de la déflation».

Annoncé un temps en récession, le Mexique devrait finalement un peu moins souffrir des droits de douane américains, avec une croissance désormais prévue à 1% cette année et 1,5% en 2026.

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