Environ 35'000 entreprises européennes génèrent entre 5 et 100 millions d’euros d’EBITDA1. Ce ne sont pas que des chiffres: ces entreprises représentent le socle productif de notre économie. Industriels, innovateurs en santé, développeurs d’énergies renouvelables ou encore opérateurs logistiques, ces entreprises du marché intermédiaire sont essentielles à la force et à la résilience de l’économie européenne.
Au sein de cet écosystème, les structures capitalistiques présentent une forte hétérogénéité. Environ 20% des entreprises du segment mid-market européen ne sont pas sponsorisées, c’est-à-dire qu’elles sont détenues directement par des familles ou des entrepreneurs. Pour d’autres, il s’agit de participations minoritaires permettant aux familles de trouver les capitaux nécessaires à leur croissance. Et enfin, les participations majoritaires interviennent dans le cadre de montages de type LBO2.
Enjeux capitalistiques
Mais un changement majeur est train de s’opérer. Beaucoup de ces entreprises sont des structures familiales, de première ou deuxième génération. À mesure que les fondateurs vieillissent, ces familles font face à un choix cornélien: vendre le contrôle à des fonds de private equity ou le conserver. Car ces entreprises, bien intégrées dans leur écosystème local, sont souvent confrontées à des enjeux de transmission, de croissance ou de transition, et nécessitent des solutions de financement agiles, à long terme et responsables.
La dette privée peut constituer une réponse efficace et s’imposer comme un levier stratégique pour soutenir des projets structurants ou des investissements, notamment technologiques, tout en renforçant la compétitivité du mid-market européen. Ces entreprises disposent de l’expertise et de l’agilité nécessaires pour devenir des leaders mondiaux, à condition d’être accompagnées par des partenaires financiers capables de comprendre leurs enjeux, de co-construire des solutions adaptées et de les soutenir dans la durée.
Pour les entreprises non sponsorisées, la dette privée constitue un levier de croissance tout en préservant la structure familiale de l’actionnariat. Dans le cas de participations minoritaires, elle complète les fonds propres tout en conservant le contrôle. Et pour les participations majoritaires, la dette privée demeure un pilier des montages financiers utilisés lors des opérations de rachat.
La dette privée n’est donc pas qu’un simple outil financier, c’est un catalyseur de transformation. Elle soutient la succession, préserve la propriété familiale et stimule la croissance. Au cœur de l’évolution du marché intermédiaire européen, cette classe d’actifs façonne l’avenir de notre économie pour une Europe plus compétitive, plus résiliente et plus autonome.
1 EBITDA: bénéfice d’une entreprise, avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement.
2 Leveraged Buy Out: opération d’acquisition d’entreprise permise par un effet de levier, c’est-à-dire financée par un endettement.