L’Allemagne adopte un timide optimisme pour sa croissance en 2025

AWP/AFP

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Après deux années de récession consécutives, l’économie allemande devrait croître de 0,2% cette année, annonce la ministre de l’Economie Katherina Reiche.

L’Allemagne va éviter la stagnation en 2025 après deux années de récession consécutives et croître légèrement, avant un rebond plus marqué en 2026, selon les prévisions actualisées du gouvernement présentées mercredi.

La reprise serait néanmoins fragile en pleine crise industrielle.

Le produit intérieur brut allemand devrait croître de 0,2% cette année, a annoncé la ministre de l’Economie Katherina Reiche en conférence de presse.

Les dernières prévisions, réalisées en avril sous l’ancien gouvernement d’Olaf Scholz, étaient une stagnation de l’activité, après un recul du PIB de 0,9% en 2023 et de 0,5% en 2024.

Mais des doutes persistent pour une reprise à long terme.

La coalition de Friedrich Merz entre les conservateurs et les sociaux-démocrates (SPD), entrée en fonction début mai, tente de redonner un élan véritable au PIB.

«L’économie allemande stagne depuis 2019 [...] l’Allemagne risque de prendre du retard», a prévenu la ministre de l’économie.

Au deuxième semestre, «les perspectives restent modestes», selon elle, notamment à cause des droits de douane américains, qui aggravent la crise en cours dans le secteur manufacturier.

En témoigne le net recul de la production industrielle en août, notamment dans le secteur automobile, selon des chiffres officiels publiés mercredi matin.

Malgré un accord signé avec Donald Trump, la «politique commerciale imprévisible» de Washington constitue l’un des principaux risques pour le retour de la croissance, d’après le communiqué du ministère.

Pour 2026, le gouvernement table sur une hausse du PIB de 1,3%, contre 1,0% dans les précédentes estimations.

La croissance serait de 1,4% en 2027.

«Un tremplin»

Fait notable, le moteur de la reprise ne sera pas les exportations, traditionnel pilier de la croissance du PIB, mais la demande intérieure, «notamment la consommation privée et publique ainsi que les investissements».

Associée à une «amélioration attendue» sur le marché du travail et à des salaires nets en hausse, les consommateurs devraient retrouver le moral et délayer le porte-monnaie, ce qui dynamisera le commerce, l’hôtellerie ou encore les salons de coiffure, selon le ministère.

En 2026 et en 2027, «une grande partie de la croissance» proviendra surtout des centaines de milliards d’euros investis dans les infrastructures» à rénover et «la défense», selon la ministre conservatrice.

En d’autres termes, ces milliards ne vont pas augmenter le «potentiel de croissance» futur, selon la ministre, «mais pourraient devenir un tremplin si ils sont accompagnés de réformes structurelles».

Pour l’instant, le projet de budget pour 2026 est «nettement plus axé sur les dépenses de consommation» de l’Etat, c’est-à-dire les dépenses courantes des services publics, que sur les investissements de long terme, selon Niklas Garnadt, économiste chez Golden Sachs.

Plusieurs pistes de réformes ont été évoquées par la ministre: réduire les coûts de la bureaucratie, le manque de main d’oeuvre, et alléger les charges fiscale, sociale et énergétique des entreprises et des consommateurs.

Le président de la banque centrale allemande Joachim Nagel a exhorté mercredi à «accélérer sur le chemin des réformes».

«L’automne des réformes» promis par Friedrich Merz, déterminé à réformer le système social allemand trop coûteux selon lui, tarde à se concrétiser.

Pour régler les maux de l’industrie, le chancelier reçoit jeudi les acteurs clés du secteur automobile en crise, écrasé par la concurrence chinoise dans la mobilité électrique.

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