Les Bourses d’Asie ont emboîté vendredi le pas à Wall Street, malgré la paralysie budgétaire américaine, dans des marchés toujours propulsés par la fièvre sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA) --qui a fait notamment flambé l’action Hitachi à Tokyo.
Bourses dans le sillage de Wall Street, la tech caracole
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en hausse de 1,85% à 45.769,50 points et l’indice élargi Topix de 1,35% à 3.129,17 points.
La Bourse de Taipei a grimpé elle de 1,45% et Sydney de 0,46%. L’indice hongkongais Hang Seng cédait en revanche 1,03% vers 06H30 GMT. Les places de Chine continentale et de Séoul étaient fermées pour cause de congés nationaux.
Les places asiatiques s’inscrivent dans la foulée des nouveaux sommets atteints la veille à New York, en dépit de la paralysie budgétaire («shutdown») qui gèle l’appareil fédéral américain.
«Basé sur les expériences passées, il y a un solide consensus sur le fait que l’impact de cette paralysie partielle du gouvernement sur les Bourses sera limité, et Wall Street est resté robuste», constate Keita Yamaguchi, de Monex Securities.
L’arrêt partiel des activités de l’Etat fédéral a pour autre conséquence la mise en pause de la publication d’un certain nombre d’indicateurs, notamment sur le marché de l’emploi - de quoi alimenter l’anticipation d’une baisse prochaine des taux de la Fed.
Vendredi vers 06H30 GMT, le billet vert continuait cependant de grimper, en l’absence d’indicateurs économiques: il gagnait 0,24% face à la devise japonaise à 147,60 yens pour un dollar.
L’or se stabilisait autour de 3.860 dollars l’once, non loin de ses récents records.
Surtout, le boom de l’intelligence artificielle continue de porter les Bourses, après que le champion américain du secteur OpenAI a atteint jeudi la valorisation colossale de 500 milliards de dollars.
Plus tôt jeudi, l’annonce d’un accord entre OpenAI et les géants sud-coréens des puces Samsung et SK Hynix avait déjà fait flamber les valeurs tech en Asie.
«La dynamique tech ne montre aucun signe d’essoufflement, comme si la gravité n’existait pas: les vents contraires étant balayés et chaque nouvelle concernant l’IA suscitant des bouffées d’euphorie», commente Hebe Chen, de Vantage Markets, cité par Bloomberg.
Même si les investisseurs sont susceptibles «d’ajuster leurs positions» en amont de l’élection samedi du nouveau dirigeant du parti au pouvoir au Japon - et probable futur Premier ministre -, la Bourse tokoïte reste dopée vendredi par les valeurs liées aux semi-conducteurs, remarque Keita Yamaguchi.
Poursuivant leur envolée, ces valeurs tech ont encore grimpé, à l’image de Renesas (+7,28%), Tokyo Electron (+2,31%), ou Sumco (+5,02%). A Taipei, le mastodonte des puces TSMC a pris 2,56%.
Hitachi s’envole, propulsé par OpenAI
Dans ce contexte, le géant japonais de l’électronique Hitachi s’est envolé vendredi de plus de 9% en séance, après avoir annoncé sur X un protocole d’accord (MOU) avec OpenAI.
Ce partenariat vise à «coopérer» afin d’assurer «une énergie durable et suffisante pour répondre aux besoins d’alimentation de la croissance de l’IA», selon cette déclaration, sans autres détails. Il pourrait s’appuyer sur les technologies de réseaux d’électricité et d’équipements de refroidissement de Hitachi.
Bière: Asahi boit la tasse, paralysé par une cyberattaque
Le mastodonte japonais des boissons Asahi, brasseur de la plus populaire nippone, a lâché 1,27% à la Bourse de Tokyo, abandonnant ainsi plus de 6,6% sur l’ensemble de la semaine.
Une panne système causée par une cyberattaque paralyse depuis lundi ses commandes et livraisons au Japon, grippant par ricochet sa production --de quoi attiser les craintes de ruptures de stocks de la bière Asahi dans les magasins. Aucun retour à la normale n’est en vue, a indiqué Asahi à l’AFP vendredi.
Le pétrole tente de rebondir
Les prix du pétrole tentaient de rebondir dans les échanges asiatiques, après avoir de nouveau dégringolé la veille dans un marché hanté par la perspective d’une hausse de production des pays de l’Opep+ lors de leur réunion dimanche.
Les cours avaient atteint jeudi leur niveau le plus bas depuis mai.
Vers 06h30 GMT, le cours du WTI nord-américain gagnait 0,89% à 61,02 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,83% à 64,64 dollars.