Droits de douane US: le doute profite à la pharma helvétique

AWP

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Dans sa publication de cette nuit sur Truth Social, le président américain souligne que sera exempté tout laboratoire ayant entrepris de construire des capacités de production sur sol étasunien.

La mise à exécution dès le 1er octobre de la menace de Donald Trump de taxer à l’importation les médicaments brevetés entrants aux Etats-Unis ne provoquait guère d’émoi chez les principaux acteurs ou observateurs du secteur pharmaceutique en Suisse.

La publication idoine et succincte du bouillonnant occupant de la Maison Blanche dans la nuit de jeudi à vendredi sur son canal de communication privilégié Truth Social limite de fait la portée de cette décision. Le président américain y souligne que sera exempté tout laboratoire ayant entrepris de construire des capacités de production sur sol étasunien.

Roche, Novartis et Sandoz pas concernés

Les deux géants rhénans Roche et Novartis avaient annoncé dès avril des investissements massifs outre-Atlantique, de respectivement 50 et 23 milliards de dollars ces cinq prochaines années. L’objectif était alors déjà de couvrir l’intégralité de la demande aux Etats-Unis avec une production autochtone et esquiver ainsi les menaces de taxes douanières sur les produits pharmaceutiques étrangers.

«Ces engagements doivent à priori prémunir les deux principaux acteurs helvétiques de la branche contre cette nouvelle salve de droits de douane,» explique à AWP Alexandra Ralli, experte santé chez Lombard Odier. Roche a d’ailleurs rapidement mis en exergue ses colossaux projets d’investissements aux Etats-Unis, quand Novartis considère n’être nullement concerné par la mesure.

Sibylle Bischofberger, chez Vontobel note de surcroît que le mastodonte des médicaments génériques et biosimilaires Sandoz non plus n’est à priori pas concerné, la mesure ne s’appliquant qu’aux importations de médicaments protégés par licence. La position de Galderma est plus inconfortable, le laboratoire dermato-cosmétique ne produisant aux Etats-Unis qu’une partie des traitements.

Peu après la mi-journée à la Bourse suisse, la nominative Galderma cédait 1,0%. Le bon de jouissance Roche en revanche n’égarait que 0,1%, tandis que Novartis gagnait 0,5%. Sandoz s’appréciait même de 1,0%.

Si les analystes s’accordent à minimiser l’impact potentiel de la dernière déclaration du bouillonnant milliardaire, les lobbies pharmaceutiques, eux, ne manquent pas cette occasion de monter au créneau.

Interpharma s’inquiète ainsi d’une mesure affectant la plus importante branche exportatrice du pays. L’association des entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche enjoint subséquemment derechef les autorités à suspendre les projets de régulation, repenser les mécanismes de fixation des prix pour les nouveaux traitements, ou encore déconstruire les contraintes réglementaires «inutiles».

Second front en approche

La branche demeure d’ailleurs sous pression, à l’approche de l’échéance d’un ultimatum fixé par Donald Trump aux grands laboratoire pour réduire de manière volontaire leurs prix aux Etats Unis.

La publication de Donald Trump ne fait singulièrement aucune mention de baisse de prix, constate Wolf von Rotberg, stratégiste actions chez J. Safra Sarasin. L’expert n’exclut conséquemment pas un effet secondaire indésirable de la décision sur les prix des médicaments au pays de l’oncle Sam, que l’occupant de la Maison Blanche s’est pourtant engagé à faire baisser.

«La nécessité de faire baisser les prix des médicaments aux Etats-Unis ne fait guère débat, et avec elle le besoin de les faire augmenter ailleurs pour continuer à rémunérer correctement l’innovation,»

Donald Trump a fixé la date butoir du 29 septembre pour aligner les prix des médicaments aux Etats-Unis sur ceux les plus bas pratiqués au sein des pays industrialisés.

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