Les Bourses asiatiques connaissent vendredi des fortunes contrastées, la place de Tokyo digérant les détails entourant le statu quo monétaire de la Banque du Japon tandis que Hong Kong restait sur ses gardes avant un appel téléphonique entre Xi Jinping et Donald Trump.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 0,56% à 45’045,81 points et l’indice élargi Topix en baisse de 0,35% à 3147,68 points.
Parallèlement, vers 08H30, la devise japonaise grimpait de 0,3% face au billet vert, à 147,56 yens pour un dollar --ayant soudainement bondi dans la foulée de la décision de la Banque du Japon (BoJ).
L’institution a maintenu vendredi ses taux d’intérêt inchangés en pointant un climat économique incertain sur fond de guerre commerciale, tout en affichant aussi les divisions de ses membres -- dont deux s’étaient prononcés pour une hausse.
Outre ce statu quo attendu, la BoJ a aussi lancé une nouvelle étape de son resserrement monétaire avec la cession de fonds indiciels cotés (ETF) qui gonflent son portefeuille.
Si les attentes d’une hausse des taux dès octobre se refroidissent, en revanche, «la BoJ ne change pas sa direction, qui reste la normalisation de sa politique monétaire», entamée l’an dernier pour mettre fin à une décennie de politique ultra-accommodante, explique à l’AFP Tsuyoshi Ueno, chercheur au NLR Research Institute.
«La BoJ exprime sa confiance dans la solidité fondamentale de l’économie mais souligne l’extrême incertitude quant aux politiques commerciales (...) En somme: un resserrement monétaire serait approprié si l’incertitude élevée n’assombrissait pas les perspectives», abonde Sarah Tan, de Moody’s Analytics.
En outre, selon des chiffres publiés vendredi, l’inflation au Japon (hors produits frais) a ralenti en août à 2,7% sur un an mais reste bien au-delà du niveau cible de la BoJ.
Autre risque pour les investisseurs nippons: l’incertitude politique, alors que la campagne débutera lundiau sein du Parti-libéral démocrate (PLD) au pouvoir pour remplacer le Premier ministre démissionnaire Shigeru Ishiba.
Bourses fébriles, l’appel Xi-Trump guetté
La Bourse de Séoul, de son côté, a cédé 0,46%, Taipei a lâché 0,74%, mais Sydney a résisté (+0,32%).
L’indice hongkongais Hang Seng cédait 0,14% et à Shanghai, l’indice composite reculait de 0,20%.
Les investisseurs reprennent leur souffle après avoir digéré la décision de la Fed, qui a abaissé d’un quart de point mercredi ses taux directeurs, alimentant la frénésie boursière déjà en cours à Wall Street.
Après neuf mois de statu quo, ce changement de direction monétaire était attendu par les investisseurs, qui aujourd’hui anticipent de nouvelles baisses de taux.
«La Fed baisse ses taux alors que les actions atteignent des sommets historiques et que l’économie (américaine) continue de croître (...) Cette dynamique est haussière pour les actions», car elle permet aux entreprises et investisseurs de se financer à moindre coût, selon Robert Schein, de Blanke Schein Wealth Management, cité par Bloomberg.
Cette décision avait été néanmoins largement anticipée et intégrée aux cours en amont. Vendredi, la fébrilité s’invitait donc à nouveau sur les places asiatiques, et en particulier les Bourses chinoises, suspendues aux développements des négociations sino-américaines.
Le président américain Donald Trump doit en effet avoir vendredi un entretien téléphonique avec son homologue chinois Xi Jinping, au cours duquel il espère notamment sceller le sort du réseau social TikTok aux Etats-Unis et faire avancer les pourparlers commerciaux entre les deux puissances.
Or refroidi, pétrole miné
Après ses récents records en milieu de semaine, le cours de l’or s’est nettement refroidi: il était stable vendredi vers 08H30, à 3650 dollars l’once.
De leur côté, les prix du pétrole continuent de perdre du terrain, minés par les craintes d’une demande atone aux Etats-Unis.
Le baril de WTI nord-américain cédait 0,39% à 63,32 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,22% à 67,29 dollars.