Investir pour répondre à la rareté de l’eau

Nadia Zancanaro, Mirabaud

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L’optimisation de l’utilisation de l’eau s’impose comme un enjeu tout aussi crucial que l’efficacité énergétique, et encore plus urgent dans les zones géographiques déjà sous tension hydrique.

 

L’eau, essentielle à la vie

Si 71% de la surface de la Terre est recouverte d’eau, 97% de cette eau est salée. Seulement 3% est donc de l’eau douce, et moins de 1% de cette eau douce est facilement accessible, provenant des précipitations, des rivières et des lacs. Parallèlement, environ 20% de la population mondiale vit dans des zones en situation de stress hydrique. Dans ce contexte, utiliser l’eau de manière efficiente n’est pas seulement une nécessité, c’est une priorité absolue.

En juin 2025, la Commission européenne a adopté la Stratégie européenne pour la résilience de l’eau (European Water Resilience Strategy), qui vise à restaurer et protéger le cycle de l’eau, à garantir un accès à une eau propre et abordable pour tous, et à promouvoir une économie de l’eau durable, efficace et compétitive en Europe. Un levier majeur d’amélioration réside dans la réduction des fuites d’eau, un facteur important d’inefficacité.

En Europe, le taux de fuite varie fortement selon les pays, de 8% aux Pays-Bas jusqu’à 57% en Bulgarie. Le potentiel d’amélioration est considérable. Aux Etats-Unis, l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) estime que les fuites domestiques gaspillent à elles seules près de 3,8 milliards de mètres cubes d’eau par an, soit de quoi alimenter 11 millions de foyers pendant une année entière.

Comment relever ce défi?

Une part importante du problème réside dans le vieillissement des infrastructures. Leur remplacement constitue à la fois un enjeu crucial et une opportunité d’investissement. Des sociétés de services publics comme American Water Works, Veolia ou United Utilities investissent massivement dans la modernisation de leurs réseaux. Des entreprises comme Georg Fischer et Sulzer fournissent des composants essentiels, notamment des systèmes de pompage avancés et des solutions de tuyauterie, indispensables à cette transition.

La technologie joue également un rôle central. Des sociétés comme Xylem proposent des pompes intelligentes, des équipements de gestion de l’eau ainsi que des solutions numériques comme les compteurs intelligents, qui permettent de surveiller la consommation en temps réel et de détecter les fuites. WSP et Schneider Electric exploitent également des outils digitaux pour optimiser l’usage de l’eau et renforcer la transparence des systèmes.

Parallèlement, des bureaux d’ingénierie et de conseil tels que Tetra Tech, Stantec et Arcadis contribuent à la conception et à la mise en œuvre de systèmes hydriques optimisés, que ce soit pour les villes ou les industries.

Enfin, certaines entreprises innovent pour améliorer l’efficacité de l’eau au quotidien. Geberit et Zurn Elkay Water Solutions, par exemple, développent des équipements et technologies visant à réduire la consommation d’eau dans les bâtiments, un enjeu majeur à mesure que les populations urbaines continuent de croître.

L’efficacité de l’eau n’est pas seulement une priorité environnementale, c’est aussi une thématique d’investissement porteuse. Face à la pression croissante sur les ressources en eau douce, les entreprises qui proposent des solutions pour une meilleure gestion de l’eau et la modernisation des infrastructures devraient tirer leur épingle du jeu. Pour les investisseurs tournés vers l’avenir, il s’agit d’une opportunité concrète de soutenir, et de bénéficier, de la transition vers un monde plus résilient en matière d’eau.

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