Après avoir connu des hauts et des bas ces derniers jours, le dollar s’accorde une pause jeudi dans l’attente de nouvelles données sur l’état de l’économie américaine qui pourraient éclairer les marchés sur la stratégie de la Réserve fédérale (Fed).
Les cambistes scrutent la publication plus tard dans la séance du PIB américain au deuxième trimestre, suivi vendredi de celle de l’indice PCE pour juillet aux Etats-Unis, jauge d’inflation surveillée de près par la Fed.
«Toute surprise à la hausse (de l’inflation, ndlr) pourrait modifier les anticipations de taux d’intérêt», pour l’instant orientées à la baisse, «et impacter les marchés financiers», souligne Kathleen Brooks, de XTB.
Vers 09h35 GMT (11h35 à Paris), le billet vert refluait de 0,08% par rapport à la monnaie unique, à 1,1649 dollar pour un euro et lâchait à peine 0,05% face à la livre, à 1,3505 dollar.
«La vigueur du dollar hier semblait quelque peu détachée des données fondamentales et reflétait probablement les flux de fin de mois», soutient Derek Halpenny, de MUFG.
Selon l’analyste, «l’incertitude entourant l’attaque de Trump contre l’indépendance de la Fed devrait rester un frein important aux achats de dollars».
Le chef de l’Etat essaie en effet de révoquer une gouverneure de la banque centrale, Lisa Cook. Accusée par le camp présidentiel d’avoir menti pour obtenir des emprunts immobiliers à des taux plus favorables, celle-ci a annoncé qu’elle ne démissionnerait pas et se battrait devant la justice.
En attendant, la Maison Blanche a confirmé mercredi le renvoi de Susan Monarez, la directrice de la principale agence sanitaire des Etats-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
Par ailleurs, les investisseurs restent attentifs à l’évolution de la situation en France, où François Bayrou poursuit sa campagne pour remporter le vote de confiance du 8 septembre à l’Assemblée.
Sa démarche paraît vouée à l’échec, au vu de la désapprobation des oppositions suscitée par les 44 milliards d’euros d’économies que le Premier ministre propose en 2026.
Face aux craintes sur la dette et l’instabilité politique en France, les rendements obligataires français ont grimpé, creusant leur écart avec les taux allemands.
De quoi «limiter la hausse de l’euro face à un dollar américain globalement plus faible», estime Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.
Est également attendu mercredi le compte-rendu de la réunion de juillet de la Banque centrale européenne (BCE).