Le cours de l’or a reculé cette semaine après la clarification donnée pour certains types de lingots sur les droits de douane américains et la perspective d’un apaisement des tensions géopolitiques.
Les investisseurs s’étaient inquiétés en fin de semaine dernière d’informations de presse révélant un document des douanes américaines qui classait certains lingots d’or parmi les produits soumis à des surtaxes.
En réaction, l’or avait atteint un record à la bourse de l’énergie et des métaux précieux de New York, le Comex.
Mais Donald Trump a fait savoir lundi, via un communiqué publié sur sa plateforme Truth Social, que le métal jaune resterait exempté de ses nouveaux droits de douane.
«Cette décision a pesé sur le cours de l’or à Londres et à New York» et l’écart entre les deux cours s’est réduit, constate Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Jeudi, «le prix de l’or a subit des pressions» après l’accélération inattendue de l’indice des prix à la production américain en juillet, qui a atténué les attentes d’une baisse des taux de la Réserve fédérale en septembre, ajoute Carsten Fritsch, de Commerzbank.
Le billet vert et les rendements des obligations américaines, traditionnellement considérés comme des valeurs refuge, ont été dopés par cette perspective, pesant en retour sur le métal jaune.
Autre facteur baissier, «l’appétit accru des marchés pour le risque a détourné les investisseurs des actifs refuge», comme l’or, souligne Ricardo Evangelista, d’ActivTrades.
L’analyste l’explique par «la prolongation par l’administration américaine de la trêve commerciale avec la Chine» et la «rencontre entre les présidents Trump et Poutine, susceptible de déboucher sur un cessez-le-feu» en Ukraine.
Vendredi, vers 13H35 GMT (15H35 à Paris), l’once d’or s’échangeait à Londres à 3336,26 dollars, contre 3397,75 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Café corsé
Les cours du café sont en hausse cette semaine, encouragés par un gel léger survenu dans certaines régions productrices du Brésil.
Les prix du café sont montés après des «rapports faisant état de gelées légères dans certaines parties du sud du Minas Gerais et du Cerrado Mineiro» au Brésil, premier producteur mondial, explique Ole Hansen de Saxo Bank.
Selon l’analyste, «bien que les dommages aient été minimes, l’inquiétude a été amplifiée par les faibles stocks certifiés de l’ICE», la bourse où les contrats sur les produits agricoles sont échangés à New York.
Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison en décembre valait 320,70 cents, contre 302,45 cents vendredi dernier.
Sur le Liffe de Londres vendredi, la tonne de robusta pour livraison en novembre s’échange à 3955 dollars, contre 3510 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Malgré le rebond des prix cette semaine, les cours sont très loin des sommets atteints en février, lorsque la livre d’arabica était monté jusqu’à 429,95 cents et la tonne de robusta à 5849 dollars.
Le cuivre de marbre
Les craintes sur l’approvisionnement chilien, principal producteur de minerai de cuivre, ont été contrebalancées cette semaine par des données plutôt décevantes en provenance de Chine, laissant le prix du métal rouge stable.
L’effondrement la semaine passée de la mine d’El Teniente (plus grand gisement souterrain mondial) au Chili pourrait avoir un «impact sur la production estimée entre 20’000 et 30’000 mille tonnes de cuivre fin», a annoncé l’entreprise de cuivre publique chilienne dans un communiqué mercredi.
Cette annonce intervient peu après une estimation de croissance revue à la baisse de 3% à 1,5% par l’organisme public du secteur au Chili, amenant à une production de 5,58 millions de tonnes en 2025, explique Carsten Fritsch de Commerzbank.
Cela fait peser le risque «que l’approvisionnement en cuivre des mines reste limité», explique l’analyste, ce qui est un facteur haussier pour le cours de ce métal très utilisé dans l’industrie et pour la transition énergétique.
Cependant «les données en provenance de Chine ont montré que les nouveaux prêts en yuans ont chuté de manière inattendue en juillet», souligne J.P. Steiner, analyste chez ADM Investors Services.
Cette donnée a pesé sur le métal rouge dont le cours est fortement influencé par l’activité économique de Pékin.
Vendredi, sur le LME, une tonne de cuivre coûtait 9.768 dollars vendredi, contre 9.762 dollars sept jours plus tôt à la clôture.