Postfinance ne veut pas supprimer, d’ici au 1er octobre, toutes ses empreintes vocales. La banque a déposé un recours auprès du Tribunal administratif fédéral pour contester une décision prise par le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT).
Le Préposé fédéral estime que la reconnaissance vocale effectuée par Postfinance est contraire au droit de la protection des données. Pour lui, le consentement explicite des clients doit en outre être introduit par un «oui» prononcé oralement.
La décision du Tribunal administratif fédéral est encore attendue, a fait savoir Postfinance jeudi. La décision du PFPDT n’est donc pas encore entrée en force.
Postfinance juge ces mesures «juridiquement infondées et disproportionnées», d’autant que le préposé fédéral Adrian Lobsiger avait été informé, avant sa décision, qu’un nouveau processus comprenant un «oui» oral serait introduit début 2026. Cette procédure est donc incompréhensible pour la banque, qui regrette l’absence de dialogue.
Données sensibles
Le PFPDT avait clôturé son examen des faits concernant la reconnaissance vocale par sa décision du 16 mai. Dans un communiqué distinct publié jeudi, il souligne que les empreintes vocales sont des données biométriques. Si elles identifient clairement une personne, «elles sont considérées comme des données sensibles selon la loi fédérale sur la protection des données», indique-t-il.
Les procédés de reconnaissance vocale présentent certes des avantages, mais «dans le contexte des progrès technologiques croissants, ils comportent également des risques en ce qui concerne le respect des droits fondamentaux et des libertés», a déclaré M. Lobsiger. La voix est une caractéristique étroitement et durablement liée à une personne et représente un aspect unique de la personnalité.
L’enquête du préposé a révélé que le traitement des données biométriques par Postfinance à des fins d’authentification violait le principe de proportionnalité. De plus, les empreintes vocales sont établies sans que les clients n’expriment activement leur volonté. Le PFPDT estime donc que ce procédé est contraire au droit de la protection des données.
Postfinance se défend en affirmant qu’une grande partie de sa clientèle apprécie la simplicité de la vérification de l’identité via la reconnaissance vocale. L’empreinte vocale n’est pas générée si le client ne le souhaite pas et elle ne peut pas être utilisée en dehors du système de Postfinance, rappelle la banque. Elle est protégée contre les abus selon elle.