Dette privée: le changement toujours en ligne de mire

Candriam

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Grâce à la nouvelle structure d’ELTIF, davantage d’investisseurs européens peuvent accéder aux investissements de long terme.

© Keystone

 

Dans ce contexte d’ouverture plus large à l’investissement non coté, la dette privée continue d’attirer l’attention. Quels sont les changements que nous observons aujourd'hui? Les prêteurs directs sont-ils prêts pour y faire face?

Les taux restent la préoccupation numéro un. Aujourd'hui, la configuration nous semble idéale pour le marché des prêts directs aux petites et moyennes entreprises (PME). Les taux d’intérêt sont suffisamment élevés pour attirer les investisseurs financiers, tout en restant intéressants pour les entreprises emprunteuses souhaitant réaliser des acquisitions - ce qui assure un certain volume d’offre de prêts de la part de ces PME emprunteuses.  

Autre facteur d’incertitude: la géopolitique. Même si les emprunteurs restent concentrés en Europe, ces entreprises peuvent dépendre de chaînes d’approvisionnement ou de débouchés en dehors d’Europe. Certaines cherchent à réduire leur dépendance à un seul pays. D’autres envisagent de produire aux États-Unis pour y vendre plus facilement.

Le marché de la dette privée évolue également dans un environnement concurrentiel, notamment face aux banques. Sur les grandes transactions, la baisse des opérations de fusions-acquisitions a entraîné une compression des marges et un assouplissement des conditions de crédit. Les grandes banques se livrent concurrence pour capter les plus gros emprunteurs, avec des niveaux d’endettement accrus et des clauses de protection parfois allégées. À l’inverse, le segment des PME de taille intermédiaire, le «lower mid-market», reste plus préservé de ces effets. Les prêteurs peuvent encore y structurer des opérations avec des protections solides, dans un cadre de crédit plus équilibré.

Au cours de la dernière décennie, on observe aussi une augmentation constante du nombre d’opérations dites sans sponsor: les fondateurs ou dirigeants d’entreprise se tournent directement vers les prêteurs, sans passer par des fonds de capital-investissement. Cette tendance permet à ces entreprises de financer leur développement sans dilution de leur capital.

Ces évolutions traduisent une segmentation croissante du marché, entre grandes entreprises bénéficiant de conditions assouplies et PME conservant un cadre plus rigoureux. Cette tendance renforce le besoin, pour les investisseurs, de s’entourer d’intermédiaires dotés d’une forte expertise dans l’analyse du risque et la sélection des emprunteurs.

Cette dynamique de fragmentation s’observe aussi au niveau géographique. Le ralentissement des opérations de fusion-acquisition au Royaume-Uni et en France a réduit le volume de transactions, augmentant la concurrence pour les dossiers de qualité. À l’inverse, des marchés comme le Benelux ou l’Espagne bénéficient d’un environnement macroéconomique plus favorable, générant un flux plus important d’opérations.

Le développement des instruments hybrides – situés entre dette et fonds propres – attire aussi l’attention. Ils offrent aux entreprises une alternative au capital-investissement pour financer leur croissance tout en gardant le contrôle de leur gouvernance. Cette tendance pourrait s’accentuer dans les années à venir.

L’approche durable est aussi présente dans ses stratégies de dette privée, y compris dans le «lower mid-market». Les PME veulent créer de la valeur tout en maîtrisant leurs risques liés au développement durable. Leurs clients attendent d’elles des preuves concrètes d’impact. Or, beaucoup n’ont pas encore les ressources pour structurer cette démarche.

Malgré certains défis macroéconomiques en Europe, les gestionnaires de dette privée disposant d'une gamme de produits variée et d'une large couverture européenne sont susceptibles de trouver des opportunités et d'augmenter leur rythme d'investissement à moyen terme.

Aujourd’hui, la combinaison de taux plus élevés, des développements dans le marché de la dette privée et de la capacité des gestionnaires à maintenir les spreads et à gérer le risque directement auprès des petits emprunteurs s’additionne aux rendements absolus et au risque géré dans ce segment.

Les nouveaux véhicules d’investissement tels que l'ELTIF permettent à la fois aux institutions et aux particuliers de participer au marché de la dette privée. Avec ces taux de base plus élevés, la conviction de Kartesia, notre partenaire stratégique, est qu'un panel plus large d'investisseurs pourra accéder à des rendements nets sans effet de levier de 8 à 10%  sur un portefeuille diversifié de prêts de premier rang, une proposition que nous jugeons tout à fait intéressante.

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