Malgré des ventes en hausse, Lindt & Sprüngli a nettement diminué sa rentabilité au premier semestre. Le fabricant zurichois de chocolat a vu son résultat opérationnel se tasser, tout comme son bénéfice net, ce dernier chutant de 13,3% sur un an à 188,9 millions de francs.
Les ventes se sont quant à elles hissées à 2,35 milliards de francs et ont atteint un niveau record à la faveur d’un bond de 9%, a indiqué mardi le chocolatier établi à Kilchberg. La croissance organique s’est inscrite à 11,2%, au-delà des propres attentes de l’entreprise. La vive progression des revenus a essentiellement reposé sur les hausses de prix de 15,8%, «nécessaires» compte tenu des cours toujours «très élevés» du cacao, selon Lindt & Sprüngli.
En début d’année, la tonne se négociait à Londres à près de 9000 livres britanniques, avant de reculer progressivement à 6000 livres en juin. Malgré le repli observé en fin de semestre, le prix des fèves de cacao se situait bien au-delà des 2000 livres la tonne affichés en 2023. Les hausses tarifaires mises en oeuvre par Lindt ont certes pesé sur les volumes écoulés.
L’activité en Europe s’est particulièrement bien développée, avec une croissance organique de 17,7%. Toutes les filiales ont enregistré une progression à deux chiffres, notamment dans les pays scandinaves, le Benelux, l’Europe centrale et orientale, la France et l’Autriche. La croissance s’est cependant révélée plus modeste en Amérique du Nord, les ventes s’y étoffant de 3,6%.
La croissance devrait toutefois s’accélérer outre-Atlantique en seconde partie d’année, a indiqué en conférence téléphonique Martin hug, le chef des finances de Lindt. Pour ce faire, le directeur général Adalbert Lechner mise sur le lancement du chocolat Dubai par les filiales américaines Russell Stover et Ghirardelli, la commercialisation ayant été retardée par des «difficultés réglementaires».
Rentabilité en fort repli
Dans la région «Reste du monde», la croissance organique s’est élevée à 7,8%, soutenue notamment par le Japon, le Brésil, l’Afrique du Sud et la Chine. La bonne tenue des ventes a aussi été portée par de nouveaux produits comme le chocolat Dubai, ainsi que par les classiques Lindor et Excellence, et par une expansion supplémentaire sur des marchés tels que l’Arabie saoudite, le Chili et l’Inde. Le réseau mondial de boutiques détenues en propre s’est également nettement développé, comptant désormais 590 points de vente.
L’évolution a pris un jour nettement moins favorable en matière de rentabilité, le résultat d’exploitation avant intérêts et impôts (Ebit) dégringolant de 11,3% à 259,2 millions de francs. La marge correspondante est passée de 13,5% à 11%. Lindt relève toutefois que le bénéfice opérationnel affiché à fin juin 20224 avait alors été dopé par un effet unique de 30 millions de francs liés au règlement d’un litige.
Evoquant la suite de l’exercice, Lindt révise à la hausse son objectif de croissance organique, à la faveur de consommateurs demeurant fidèles aux produits du chocolatier des rives du lac de Zurich. Il attend désormais une valeur à ce titre entre 9 et 11%, contre 7 et 9% jusqu’alors. La marge Ebit devrait elle progresser dans le bas de la fourchette de 20 à 40 points de base.
Alors que la performance s’est révélée inférieure aux attentes des analystes en matière de rentabilité, les revenus les ont dépassées.
A la Bourse, le bon de participation Lindt & Sprüngli a terminé en recul de 7,1% à 12’590 francs, dans un SLI en baisse de 0,64%.