La Bourse de New York a clôturé en baisse vendredi, lestée par la flambée des prix du brut face aux craintes d’escalade au Moyen-Orient, tandis que les interrogations persistent sur la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle (IA).
L’indice Nasdaq - à forte coloration technologique - a reculé de 0,21%, l’indice élargi S&P 500 a perdu 0,52% et le Dow Jones a chuté de 1,23%.
«La hausse persistante des prix du pétrole continue de peser sur le moral des investisseurs», expliquent les analystes de Briefing.com.
Le cours du baril de Brent, référence internationale, a touché un plus haut depuis début avril, clôturant à plus de 116 dollars, alors que les investisseurs s’inquiètent d’une nouvelle escalade des tensions entre Washington et Téhéran.
Les Etats-Unis pourraient frapper l’Iran dès ce week-end, a déclaré vendredi l’émissaire américain Tom Barrack, après la multiplication des menaces de Washington et d’Israël en ce sens ces derniers jours.
L’envolée des prix de l’or noir ravive les craintes inflationnistes et «constitue un obstacle majeur pour les valeurs les plus sensibles à la conjoncture économique», soulignent les experts de Briefing.com.
Le Dow Jones, davantage exposé aux valeurs cycliques et industrielles, est ainsi plus pénalisé que les autres indices vedettes de la place américaine.
Au lendemain d’une nette détente, les taux obligataires gagnaient du terrain face à la hausse des prix du brut.
Le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain évoluait près des 5% vers 20H20 GMT, contre 4,95% à la clôture jeudi.
En parallèle, les géants technologiques ont terminé en ordre dispersé après un fort repli la veille (Nvidia -0,59%, Alphabet -1,24%, Microsoft +0,66%, SpaceX +1,89%, Meta -0,96%).
Jeudi, Meta (Facebook, Instagram) a ravivé les inquiétudes autour des coûts croissants liés aux investissements dans l’IA, emportant avec lui une partie du secteur.
«Des interrogations ont émergé quant aux sources de financement de ces investissements», explique David Morrison, du courtier Trade Nation. «Les investisseurs craignent désormais que Meta et d’autres géants du numérique (...) n’en viennent à céder une partie de leurs propres actions afin de financer le développement de l’IA».
A la cote, les géants de l’énergie profitaient de la flambée des prix du pétrole, à l’instar d’ExxonMobil (+2,79%), ConocoPhillips (+3,56%) ou Chevron (+2,89%).
Les compagnies aériennes étaient, au contraire, sanctionnées (American Airlines -3,89%, Delta -3,14% de même que les compagnies de croisière (Carnival -3,55%, Royal Caribbean -3,36%).
L’émetteur de cartes bancaires American Express a reculé (-3,68% à 313,20 dollars) après avoir annoncé vendredi la suppression de 5% des postes dans le monde, ce qui représente environ 3.800 emplois, dans le cadre d’une restructuration accompagnant le déploiement de l’IA pour davantage d’efficacité.
Les investisseurs ont désormais le regard rivé vers une nouvelle fournée de résultats trimestriels attendus la semaine prochaine, dont ceux d’Amazon, Microsoft ou encore Alphabet.
«Leurs publications pourraient permettre de jauger si le mouvement de défiance envers les valeurs technologiques est appelé à durer», concluent les analystes de Briefing.com.