Les élections générales d'octobre au Brésil verront s'affronter le président sortant Lula et Flávio Bolsonaro, fils aîné de l'ancien président emprisonné Jair Bolsonaro. Si l’attention se porte naturellement sur l’opposition importante entre les programmes des deux candidats, ces derniers font face à des contraintes budgétaires similaires et un Congrès probablement fragmenté. Pour les investisseurs, des opportunités sélectives et diversifiées
Des trajectoires différentes, des contraintes budgétaires similaires
Malgré des programmes politiques opposés, les deux candidats font face à des contraintes budgétaires similaires, notamment des dépenses obligatoires rigides (près de 90% des dépenses fédérales) qui laissent peu de marge de manœuvre sans réformes structurelles politiquement coûteuses. Avec une dette publique brute d'environ 82% du PIB et orientée à la hausse, la marge d'ajustement du futur gouvernement sera d'emblée drastiquement limitée.
Ce déficit accroît mécaniquement l’endettement du pays, majoritairement financé sur le marché local. Avec plus de 50% d'émissions à taux variable et une maturité moyenne d'à peine quatre ans, cette dette locale répercute quasi instantanément le niveau élevé des taux réels sur le coût du service de la dette. Dans ce contexte, où les taux pèsent également sur les entreprises et les ménages endettés, une certaine consolidation budgétaire devrait intervenir quel que soit le résultat du scrutin.
Une consolidation inévitable à l'épreuve de la faisabilité législative
Comme en 2018 et 2022, l'élection présidentielle s'annonce très serrée. Après la proclamation des résultats, la mise en œuvre de l'ajustement budgétaire sera déterminante. Les camps politiques affichent des rythmes et des méthodes d’ajustement différents. L’approche actuellement annoncée par le gouvernement de Lula se veut graduelle, reposant sur de nouvelles recettes et une croissance plus lente des dépenses. L’opposition, de son côté, tente de signaler une réduction beaucoup plus marquée et rapide des dépenses primaires.
Cependant, dans les deux cas, la faisabilité et l’exécution des mesures resteront déterminantes. Le futur président devra composer avec un Congrès extrêmement fragmenté, où les partis de centre droit conserveront probablement suffisamment de sièges pour imposer une approche transactionnelle. Face à un pouvoir législatif coûteux à gouverner et réticent à perdre le contrôle des amendements, la mise en œuvre de réformes structurelles ambitieuses s'annonce très complexe.
La diversification pour dépasser le risque électoral
Dans cet environnement souverain sous tension, la performance des entreprises dépend largement des facteurs propres à l'industrie et à l'entreprise. Une consolidation budgétaire pourrait donner l'oxygène nécessaire à la banque centrale - institution indépendante - pour accélérer une baisse des taux d'intérêt. Un tel assouplissement monétaire viendrait mécaniquement soulager la charge de la dette publique, et serait également de bon augure pour les entreprises, tout en améliorant leurs conditions de financement et leur accès aux capitaux.
Dans ce contexte, la sélection crédit fait la différence. Loin de se limiter aux seules matières premières, le Brésil offre un univers d'investissement profond, porté par un vaste marché intérieur et des émetteurs solides. Evaluer les fondamentaux spécifiques de chaque émetteur permet ainsi de capter une prime de rendement attractif sur la dette d’entreprises brésiliennes, tout en limitant la volatilité liée aux attentes sur la future politique du pays.