DWS: perspectives de marché - septembre 2026

Vincenzo Vedda & Andre Köttner, DWS

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L’attrait des obligations des marchés émergents réside dans leur rendement courant, et non dans un fort potentiel de hausse des cours.

Marché et macro

Vincenzo Vedda, Global Chief Investment Officer

Perspectives positives pour les marchés boursiers mondiaux – la croissance des bénéfices est déterminante

«L’économie mondiale a étonnamment bien résisté au choc des prix de l’énergie provoqué par le conflit avec l’Iran. Notre scénario de base table sur une poursuite de l’expansion», déclare Vincenzo Vedda, stratège en chef des investissements. Toutefois, une dichotomie de la dynamique économique se dessine de plus en plus. D’une part, les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) restent un moteur de croissance essentiel pour les Etats-Unis et soutiennent les bénéfices des entreprises. D’autre part, certains secteurs affichent des signes de ralentissement évidents. La dynamique de la consommation, du marché immobilier et de certaines parties du marché du travail est en baisse. Et en matière d’IA également, le réalisme s’impose. «La croissance des investissements devrait progressivement atteindre son pic», prévoit M. Vedda. La poursuite de cette success story dépendra en grande partie de la capacité de ces investissements colossaux à générer une monétisation correspondante et des gains de productivité. Les perspectives globalement positives pour l’économie mondiale se reflètent dans la vision optimiste des marchés boursiers mondiaux jusqu’en septembre 2027. Tout dépendra toutefois de la capacité des entreprises à continuer d’accroître la croissance de leurs bénéfices. En effet, M. Vedda estime peu probable que les cours augmentent en raison de valorisations plus élevées. Le niveau désormais très élevé des taux d’intérêt va également à l’encontre de cette hypothèse. M. Vedda juge positif le fait que la croissance des bénéfices aux Etats-Unis se soit récemment répartie de manière plus large entre les entreprises et ne se limite plus autant aux «sept glorieuses» entreprises technologiques.

Pour que ces attentes positives se concrétisent, certaines conditions doivent toutefois être remplies: le détroit d’Ormuz doit rester ouvert, au moins en partie, les pays industrialisés doivent croître à un rythme proche de leur potentiel et éviter une récession. De plus, le niveau futur des taux d’intérêt jouera un rôle important. «Nous partons du principe que le rendement des obligations d’Etat américaines à dix ans restera inférieur à 5%», explique M. Vedda. Dans le cas contraire, la tension sur les marchés boursiers pourrait s’accentuer.

Conjoncture: La croissance mondiale devrait légèrement s’accélérer

  • Pour 2026, nous tablons sur une croissance économique mondiale de 3,0% et, pour 2027, sur une légère accélération à 3,3%.
  • L’économie américaine devrait progresser de 2,1% cette année et de 2,0% l’année prochaine. Pour la zone euro, nous prévoyons une accélération de la croissance, qui passerait de 0,9% à 1,3%.

Inflation: les hausses de prix devraient s’atténuer progressivement en 2027

  • Nous prévoyons que l’inflation aux Etats-Unis baissera sensiblement l’année prochaine pour s’établir à 2,3% (2026: 3,2%). Les effets inflationnistes des droits de douane et des prix du pétrole devraient s’atténuer. Le ralentissement attendu du marché du travail et la baisse des hausses salariales devraient également freiner l’inflation.
  • Pour la zone euro, nous prévoyons une baisse de l’inflation en 2027 à 2,5% (contre 3,1% en 2026).

Banques centrales: une seule hausse des taux attendue aux Etats-Unis

  • Etant donné que l’objectif d’inflation de 2% n’est plus atteint depuis un certain temps aux Etats-Unis, nous tablons sur une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine à un niveau compris entre 3,75% et 4% au cours des 12 prochains mois.
  • Dans la zone euro, le cycle de hausse des taux devrait, selon nous, avoir pris fin avec le relèvement des taux à 2,5% en septembre.

Risques: poursuite de la hausse des rendements obligataires et aggravation de la situation géopolitique

  • Même si les perspectives de croissance restent positives et que l’inflation recule lentement, il existe des risques notables pesant sur l’évolution des marchés, qui pourraient venir contrecarrer ce scénario favorable.
  • En particulier, la hausse des rendements obligataires et les incertitudes géopolitiques, qui restent considérables, pourraient entraîner des surprises négatives.

Actions

Andre Köttner, gestionnaire de fonds

Trouver le juste équilibre entre disruption et continuité est essentiel

Le gestionnaire de fonds Andre Köttner est un grand adepte des haltères, du moins en ce qui concerne sa stratégie d’investissement. Les gagnants actuels – et, selon lui, probablement futurs – dans le domaine de l’intelligence artificielle se trouvent d’un côté de l’haltère. De l’autre côté se trouvent des entreprises qui n’ont pratiquement rien à voir avec la technologie, et en particulier avec l’IA, dont les modèles économiques ne devraient pas être soumis à cette pression de changement extrêmement forte induite par l’IA et qui ne risquent probablement pas d’être perturbées dans un avenir prévisible.

Avec cette stratégie, Köttner, qui investit pratiquement toujours à près de 100 % en actions dans ses fonds, souhaite réduire quelque peu la volatilité de ses stratégies. Köttner se positionne ainsi de manière nettement différente de nombreux acteurs du marché. En effet, malgré l’évolution globalement étonnamment bonne des marchés boursiers cette année encore, une certaine prudence s’impose.

«La nervosité s’est nettement accrue ces derniers temps. Les investisseurs oscillent parfois entre enthousiasme et scepticisme en l’espace de quelques jours seulement», explique M. Köttner. Tantôt l’attention se porte sur les gagnants du boom de l’IA, tantôt sur les entreprises considérées comme les perdants potentiels de cette évolution technologique. Il en résulte de plus en plus de fluctuations de cours de 10% et plus en très peu de temps.

En tant que gestionnaire de fonds d’actions, M. Köttner ne peut pas non plus ignorer la question de la hausse des taux d’intérêt. Ceux-ci constituent en effet un facteur de risque pour les actions. En effet, ils font en sorte que les bénéfices futurs d’une entreprise aient aujourd’hui moins de valeur qu’avec des taux d’intérêt plus bas. Sa stratégie: «J’ai besoin d’entreprises peu endettées et disposant d’un pouvoir de fixation des prix.» Ce dernier point est particulièrement important dans le contexte actuel d’inflation accrue.

Les entreprises dotées de bilans solides, d’un faible endettement et de la capacité à répercuter la hausse des coûts sur leurs clients présenteraient une réelle valeur ajoutée. De tels modèles économiques pourraient rester attractifs même si le contexte macroéconomique venait à se détériorer.

M. Köttner se montre globalement confiant vis-à-vis des actions européennes, sans pour autant céder à l’euphorie. En matière d’intelligence artificielle, il n’y a pas grand-chose à gagner ici. Chaque région a ses atouts. En Europe, ceux-ci résident par exemple dans les valeurs du secteur de la santé, les valeurs financières ou encore les assureurs. Il trouve également son bonheur dans l’ingénierie mécanique et les produits de luxe pour sa stratégie d’investissement à long terme.

Actions américaines: la perspective d’une poursuite de la forte croissance des bénéfices des entreprises devrait soutenir les cours

  • La hausse des bénéfices des entreprises, qui reste attendue, devrait continuer à soutenir les actions américaines. L’évolution des bénéfices n’est pas seulement positive pour les entreprises du secteur de l’IA. La base s’est élargie. Tous les autres secteurs contribuent également à ces perspectives positives.
  • Notre nouvel objectif de cours pour le S&P 500 à l’horizon septembre 2027: 8 400 points.

Actions allemandes: le DAX présente un potentiel de hausse significatif 

  • Nous estimons qu’un rendement global d’environ 10% pour le DAX à l’horizon de douze mois est réaliste, même si la décote par rapport aux titres américains s’est récemment réduite. Cela s’explique principalement par une modification de la pondération sectorielle. La part des entreprises automobiles et chimiques est nettement inférieure à ce qu’elle était par le passé.
  • Notre objectif de cours pour le DAX à l’horizon septembre 2027: 28 600 points.

Actions européennes: le redressement des bénéfices des entreprises devrait constituer un facteur favorable

  • À notre avis, des rendements globaux frôlant les deux chiffres sont également possibles avec les actions européennes à l’horizon de douze mois.
  • Raison principale: les bénéfices des entreprises devraient augmenter sensiblement après trois ans de stagnation.
  • Notre objectif de cours pour le Stoxx 600 à l’horizon septembre 2027: 690 points.

Japon: encore une marge de progression importante – malgré des cours boursiers qui se sont déjà très bien comportés

  • Les perspectives pour les actions japonaises sont, selon nous, encore légèrement meilleures que celles des titres européens et américains.
  • La dynamique des bénéfices, tant sur le marché intérieur qu’à l’exportation, devrait rester solide. De plus, la gouvernance d’entreprise et les rachats d’actions continuent d’évoluer favorablement.
  • Notre objectif de cours pour l’indice MSCI Japan à l’horizon septembre 2027: 2'760 points.

Obligations

Des perspectives de rendement attractives avec les obligations des marchés émergents

Les obligations des marchés émergents, en particulier les obligations d’Etat, offrent actuellement des perspectives de rendement intéressantes. Des rendements globaux frôlant les deux chiffres – paiements d’intérêts, évolution des cours et revenus de réinvestissement – semblent possibles à l’horizon de douze mois. Une croissance mondiale robuste, une évolution positive des notations et la perspective d’un affaiblissement du dollar américain devraient constituer des facteurs favorables. Toutefois, de nombreuses bonnes nouvelles sont déjà intégrées dans les cours. Pour les obligations d’Etat, le potentiel de nouvelle baisse des primes de risque semble donc limité. Cela nécessiterait une détente dans la région du Golfe, ce qui semble actuellement, une fois de plus, très improbable. En revanche, une hausse des rendements réels américains pourrait avoir un impact négatif.

Les obligations d’entreprises asiatiques sont soutenues par des données d’entreprise solides, une forte demande régionale et une offre nouvelle limitée. Le taux d’épargne élevé devrait faciliter l’émission de nouvelles obligations. Toutefois, les primes de risque se situent près de leurs plus bas historiques. La hausse des prix de l’énergie, les tensions géopolitiques et les nouveaux conflits commerciaux restent des risques majeurs.

Conclusion: l’attrait des obligations des marchés émergents réside dans leur rendement courant, et non dans un fort potentiel de hausse des cours. Les titres à haut rendement et à risque nous semblent légèrement plus attractifs que les obligations de bonne qualité en raison de leur rendement courant plus élevé.

Devises

Euro/dollar: le potentiel d’appréciation de l’euro est désormais limité

  • La combinaison de besoins de refinancement élevés et de déficits budgétaires importants devient de plus en plus un facteur de pression sur la devise américaine. L’euro bénéficie en outre de perspectives économiques en légère amélioration dans la zone euro.
  • Nous tablons sur un taux de change euro-dollar de 1,20 en septembre 2027, ce qui correspond à un léger affaiblissement du dollar.

Placements alternatifs

Or: les rendements obligataires élevés devraient limiter le potentiel de hausse

  • Nous maintenons notre opinion positive sur l’or. Celle-ci est soutenue par les achats soutenus des banques centrales, les inquiétudes budgétaires ainsi que la diversification hors des obligations d'Etat américaines. Les rendements réels et nominaux actuellement élevés pourraient toutefois limiter le potentiel de hausse à court terme.
  • Notre objectif de cours pour l’once troy à l’horizon septembre 2027: 5'000 dollars
     

Pour consulter les Perspectives de marché de DWS en intégralité (en anglais), ci-dessous.

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