La Bourse de New York a terminé dans le vert jeudi, les investisseurs retrouvant un appétit pour le risque grâce à une petite éclaircie du côté des taux d’intérêt, qui avaient mis la place américaine sous pression ces derniers jours.
Le Dow Jones a pris 1,18%, l’indice Nasdaq a avancé de 1,40% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 1,06%.
Christopher Waller, l’un des responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed), «est à l’origine du rebond du marché» boursier, avance Jose Torres, analyste d’Interactive Brokers.
«Si nous continuons à progresser vers notre objectif de 2% (d’inflation, ndlr), je serai alors enclin à soutenir le maintien des taux directeurs à leur niveau actuel» lors de la prochaine réunion de l’institution mi-septembre, a dit le gouverneur lors d’un événement organisé par Reuters.
Bien qu’il ait ajouté être prêt à voter pour une hausse des taux directeurs en cas d’accélération de l’inflation, ses propos ont été perçus comme relançant le débat sur le futur de la politique monétaire américaine.
Les investisseurs, qui s’attendaient majoritairement à un tour de vis dès septembre, se montrent désormais bien plus partagés, selon l’outil de veille CME FedWatch.
L’hypothèse moins certaine d’un resserrement monétaire a permis de diminuer un peu la pression s’exerçant depuis la reprise des hostilités au Moyen-Orient sur le marché obligataire, très scruté par les investisseurs.
Vers 20H20 GMT, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain évoluait à 4,77%, contre 4,78% à la clôture la veille. Plus tôt dans la journée, il est même descendu jusqu’à 4,73%.
«La question clé est donc désormais de savoir si les prochaines données américaines pourront remettre en cause» les attentes du marché, note Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com
Avant la prochaine réunion de la Fed, le marché prendra connaissance du rapport officiel sur l’emploi américain en août, publié vendredi, ainsi que de plusieurs indicateurs d’inflation pour le même mois.
«En théorie, des données plus faibles pourraient remettre en cause les anticipations d’une hausse des taux en septembre», estime M. Razaqzada.
Il relève toutefois que le patron de la banque centrale américaine, Kevin Warsh, a récemment mis en garde sur le rythme élevé de hausse des prix aux Etats-Unis.
Côté indicateurs, les nouvelles demandes hebdomadaires d’inscription au chômage sont ressorties proches des attentes et l’indice d’activité (ISM) dans les services pour août a augmenté, quand le marché anticipait qu’il reste stable.
Au tableau des valeurs, l’opérateur de services d’informatique à distance (cloud) Snowflake s’est envolé de 16,55% à 356,47 dollars, après un deuxième trimestre largement au-dessus des attentes, grâce notamment aux bonnes performances de ses solutions de programmation assistée par l’intelligence artificielle (IA).
L’entreprise a aussi revu à la hausse ses prévisions pour l’année complète et a entraîné dans son sillage d’autres spécialistes des logiciels, à l’instar de Datadog (+2,64%), ServiceNow (+6,49%) ou Salesforce (+2,92%).
Le concepteur de puces informatiques Broadcom a lui reculé de 2,74% à 357,16 dollars, après avoir publié des perspectives pour le trimestre en cours qui sont ressorties - de peu - sous les attentes. Son chiffre d’affaires a toutefois bondi de 86% au trimestre précédent (sur un an) et son bénéfice net a été triplé.
Le géant américain Campbell’s, célèbre pour ses soupes en boîte, a cédé 6,96% à 22,13 dollars après des résultats jugés décevants.