- Les investisseuses et investisseurs suisses fortunés sont ouverts à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), mais dans la plupart des cas uniquement lorsqu’elle est associée à un conseil humain: 48% préfèrent que l’IA serve de soutien au conseil, tandis que seuls 14% se sentent à l’aise avec une solution entièrement automatisée. 39% souhaitent se passer de l’IA dans le processus de conseil.
- Le secteur suisse de la gestion de fortune nourrit également de grandes attentes vis-à-vis de l’IA: 85% des spécialistes interrogés se sentent à l’aise avec les outils basés sur l’IA et 83% s’attendent à ce que l’IA fasse partie intégrante de leur travail d’ici deux ans.
- Ces résultats s’appuient sur une enquête d’ampleur mondiale menée auprès de plus de 4200 investisseuses et investisseurs fortunés à très fortunés – dont 400 en Suisse – ainsi que de 480 spécialistes de la gestion de fortune sur 21 marchés à travers le monde.
Le nouveau rapport Avaloq Wealth Insights 2026 montre que les investisseuses et investisseurs suisses fortunés sont globalement ouverts à l’IA, mais qu’ils continuent de privilégier le conseil humain pour les décisions de placement importantes. L’acceptation est particulièrement forte lorsque l’IA vient en aide à l’humain au lieu de le remplacer totalement. Ainsi, 48% des investisseuses et investisseurs interrogés sont favorables à l’utilisation de l’IA dans le conseil en placement, à condition qu’elle s’accompagne d’un conseil humain. En revanche, seuls 14% d’entre eux envisageraient un conseil en placement entièrement automatisé. L’analyse du portefeuille personnel révèle une tendance similaire: 49% préfèrent combiner l’IA et le conseil humain, contre 21% qui se sentiraient à l’aise avec une analyse entièrement automatisée.
Au total, 45% des investisseuses et investisseurs suisses déclarent se sentir à l’aise, voire très à l’aise, avec le fait que leur banque ou leur gestionnaire de fortune ait recours à l’IA. 39% des personnes interrogées souhaitent continuer à se passer totalement de l’IA dans le cadre du conseil en placement. Les principales réserves concernent le traitement des données personnelles: pour 31%, la protection des données constitue le principal motif de réticence à l’égard des services basés sur l’IA. 26% font état de préoccupations quant à la précision des résultats générés par l’IA et 16% du manque de traçabilité des décisions prises par l’IA. Le fait que 21% des personnes interrogées se sentent globalement mal à l’aise à l’idée que leur gestionnaire de fortune utilise l’IA montre également à quel point il est important d’adopter une approche prudente et transparente lors de sa mise en œuvre.
Le secteur suisse de la gestion de fortune mise sur l’IA
Du côté des gestionnaires de fortune, l’aisance vis-à-vis de l’IA est très marquée: 85% des spécialistes suisses interrogés se sentent à l’aise avec les outils basés sur l’IA. 83% estiment que l’IA fera partie intégrante de leur travail d’ici deux ans, et 85% s’attendent à ce qu’elle permette un accompagnement plus personnalisé de la clientèle. Pour les spécialistes, les principales opportunités résident dans l’allègement des tâches chronophages. L’IA peut automatiser les processus administratifs, établir des rapports et traiter les informations plus rapidement. Elle permet ainsi aux conseillères et conseillers de consacrer plus de temps au suivi de la clientèle proprement dit.
Des attentes élevées confrontées à des obstacles structurels
Le recours croissant à l’IA nécessite toutefois de disposer d’une base technologique performante. À cet égard, l’étude montre qu’il reste encore des efforts à fournir en Suisse. L’ensemble des spécialistes suisses interrogés s’attendent à ce que la transformation numérique rende leur travail quotidien plus efficace. 98% d’entre eux considèrent que les services numériques sont indispensables à une bonne expérience client.
Il subsiste toutefois un écart entre les ambitions et la mise en œuvre. 65% des spécialistes suisses estiment que leur organisation ne progresse pas assez rapidement en matière de transformation numérique. 68% identifient des obstacles organisationnels qui ralentissent la transformation – le taux le plus élevé parmi tous les marchés étudiés. À cela s’ajoute un environnement informatique fragmenté: près de la moitié des personnes interrogées (48%) travaillent avec sept systèmes ou plus. Cette complexité a également un impact direct sur le service à la clientèle. Ainsi, 63% des spécialistes suisses considèrent que la charge administrative constitue un obstacle important les empêchant de consacrer plus de temps à leur clientèle. 55% voient l’automatisation insuffisante comme un frein.
Dans le même temps, le comportement d’investissement de la clientèle suisse évolue également. 57% prennent désormais eux-mêmes leurs décisions de placement, contre 49% l’année précédente. La proportion des personnes interrogées ayant recours à un mandat de conseil a reculé de 51% à 43% au cours de la même période. Le conseil humain ne perd donc pas pour autant toute son importance. Au contraire, les résultats montrent qu’une plus grande autonomie numérique n’exclut pas le besoin de conseil.
Christian Haux, Managing Director d’Avaloq pour la Suisse et le Liechtenstein, commente: «La clientèle adopte une approche pragmatique vis-à-vis de l’IA. Elle est ouverte à cette technologie, mais continue de s’appuyer sur des conseils humains pour prendre des décisions de placement importantes. Cela offre aux banques et aux gestionnaires de fortune suisses une formidable opportunité de combiner leurs atouts, tels que l’expérience, la fiabilité et la confiance, avec les possibilités offertes par les nouvelles technologies. Dans le même temps, notre étude montre que, dans de nombreux cas, les conditions techniques nécessaires doivent encore être mises en place, notamment en ce qui concerne l’environnement informatique et le socle de données.»
Les investisseuses et investisseurs suisses et les cryptomonnaies: les banques gagnent légèrement du terrain
La Suisse reste également un marché particulièrement actif dans le domaine des cryptomonnaies et autres actifs numériques. 42% des investisseuses et investisseurs suisses interrogés ont investi une partie de leur portefeuille dans des cryptomonnaies ou d’autres actifs numériques, contre 37% l’année dernière et 27% en 2024.
Les plateformes d’échange de cryptomonnaies restent de loin le principal canal de distribution: 87% des investisseuses et investisseurs suisses détenant des actifs numériques utilisent ce type de plateformes. Leur proportion a toutefois légèrement reculé par rapport aux 92% de l’année précédente, tandis que les prestataires financiers traditionnels gagnent en importance: 32% investissent désormais par le biais d’une banque traditionnelle ou d’un gestionnaire de fortune, contre 27% l’année dernière. Même parmi ceux qui n’ont pas encore investi dans les actifs numériques, il existe un potentiel pour les prestataires financiers traditionnels.
51% d’entre eux envisageraient de se lancer si leur banque ou leur gestionnaire de fortune leur proposait des possibilités de placement dans ce domaine (contre 44% l’année précédente).
Cette demande est également perçue par les spécialistes: 83% des personnes interrogées indiquent que la demande de la clientèle concernant les cryptomonnaies et autres actifs numériques progresse – le taux le plus élevé parmi tous les marchés étudiés. Dans le même temps, seuls 45% des spécialistes se sentent suffisamment familiarisés avec cette thématique pour conseiller leur clientèle à ce sujet. 73% souhaitent un cadre réglementaire plus clair avant de recommander de tels placements, et 75% se disent préoccupés par les risques associés.