Kevin Warsh fait pencher la balance en faveur d’un relèvement des taux en septembre

Bill Papadakis, Lombard Odier

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Lors de son discours à Jackson Hole, le président de la Fed a accordé peu de poids aux récentes données faisant état d’un ralentissement des pressions inflationnistes et de la croissance des salaires, estimant que les tendances globales de l’inflation demeurent trop élevées.

Points clés

  • Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a livré son message le plus clair à ce jour sur la politique monétaire, soulignant ses préoccupations persistantes concernant l’inflation sous-jacente
  • M. Warsh a accordé peu de poids aux récentes données faisant état d’un ralentissement des pressions inflationnistes et de la croissance des salaires, estimant que les tendances globales de l’inflation demeurent trop élevées
  • Alors que le soutien à une politique monétaire plus restrictive se renforce au sein du Federal Open Market Committee, le scénario en faveur d’un relèvement des taux directeurs s’est renforcé
  • Nous anticipons désormais une hausse des taux directeurs de 25 points de base en septembre, qui signalerait une position plus ferme face à l’inflation plutôt que le début d’un nouveau cycle de resserrement monétaire.

Le discours prononcé le 28 août par le président de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh, a fourni l’indication la plus claire à ce jour de sa vision des perspectives de politique monétaire. Son insistance sur l’inflation fait pencher la balance en faveur d’une hausse des taux directeurs en septembre.

Lors de son discours à Jackson Hole, M. Warsh s’est montré plus explicite que lors de ses précédentes interventions quant à ses préoccupations sur la trajectoire de l’inflation. Il a notamment déclaré que les tensions sous-jacentes sur les prix n’avaient pas suffisamment reculé et a minimisé la portée de certains chiffres mensuels de l’inflation plus modérés. Il a également estimé que le ralentissement de la croissance des salaires ne prouvait pas que les tensions sur les prix avaient été durablement maîtrisées.

Un autre point essentiel de son discours a été que les conditions financières n’étaient pas particulièrement restrictives, malgré le niveau déjà élevé du taux directeur. Cette analyse conforte sa conviction selon laquelle la Fed reste déterminée à respecter son mandat de stabilité des prix et se tient prête à utiliser son principal instrument de politique monétaire, les taux d’intérêt, pour atteindre cet objectif. Le président de la banque centrale américaine a également souligné que l’inflation mesurée par l’indice des dépenses de consommation personnelle (PCE) restait la référence de la Fed pour évaluer les progrès vers la stabilité des prix, écartant ainsi l’idée que les responsables de la politique monétaire pourraient accorder davantage de poids à d’autres mesures de l’inflation.

Compte tenu de ces déclarations, et alors que le soutien à une orientation de politique monétaire plus restrictive progresse au sein du Federal Open Market Committee (FOMC), nous tablons désormais sur une hausse des taux de 25 points de base lors de la réunion du 16 septembre.

Les données d’inflation du mois d’août pourraient s’avérer rassurantes. La dynamique des prix évolue dans la bonne direction, mais trop lentement pour écarter la nécessité d’une politique monétaire légèrement plus restrictive. L’importance d’un relèvement des taux tient moins à son effet direct sur l’activité économique qu’au signal qu’elle enverrait quant à la volonté de la Fed de maintenir la pression sur l’inflation jusqu’à ce qu’elle ait la certitude que la stabilité des prix a été rétablie. Nous interpréterions une telle décision comme une démonstration de sa détermination dans la lutte contre l’inflation et non comme le début d’un nouveau cycle de resserrement.

Dans ce contexte, notre scénario macroéconomique global demeure inchangé. Une hausse de taux ne modifierait pas sensiblement les perspectives de croissance. Nous estimons que les marchés boursiers mondiaux devraient absorber une trajectoire légèrement plus restrictive de la politique monétaire américaine et conservons par conséquent notre positionnement pro-risque.

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