Commentaire hebdomadaire de Raiffeisen

Jeffrey Hochegger, Raiffeisen Suisse

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Micron sort du lot avec de très bons résultats trimestriels et des perspectives optimistes. Parallèlement, l’évolution de Lindt & Sprüngli et le report de plusieurs introductions en bourse montrent que le moral des investisseuses et investisseurs s’effrite.

Un bouclement trimestriel en demi-teinte

Le Swiss Market Index (SMI) termine la période en baisse. Le fabricant de chocolat Lindt & Sprüngli a choqué les investisseuses et investisseurs cette semaine avec un avertissement portant sur la révision à la baisse des prévisions de croissance de son chiffre d’affaires. Initialement estimées entre 4% à 6%, celles-ci sont désormais comprises entre 0% et 2%. Ces nouvelles prévisions sont attribuables à la chaleur estivale, ainsi qu’à la sensibilité croissante des consommatrices et consommateurs aux prix. Bien que l’entreprise ait maintenu ses perspectives à moyen terme, les actions de l’entreprise ont toutefois chuté à leur plus bas niveau depuis plus de cinq ans. Les investisseurs et investisseuses de la banque privée Julius Baer respirent à nouveau. Après que la FINMA, l’autorité de surveillance des marchés financiers, a déclaré que le traitement de la débâcle de Signa était terminé, les investisseuses et investisseurs ont porté les titres de la banque vers un plus haut historique. La perspective d’un programme de rachat d’actions déjà demandé à l’autorité de supervision l’emporte sur le nouveau blâme. L’entreprise biopharmaceutique Santhera a vu son chiffre d’affaires plus que doubler au premier semestre, les revenus des licences et des paiements d’étape ont même plus que quadruplé. Malgré tout, elle enregistre une perte de 6,6 millions de francs, à mettre en regard toutefois avec celle de l’exercice précédent (35,4 millions).

Regain d’optimisme pour l’économie suisse

Les économistes de l’institut KOF ont revu à la hausse leurs prévisions de croissance du PIB suisse, de 0,8% à 1,9%. De plus, ses spécialistes s’attendent à une croissance économique de 1,7% en 2027, ainsi qu’en 2028. Ces nouvelles prévisions se fondent sur les solides résultats du deuxième trimestre, attribuables en particulier à la forte contribution des exportations pharmaceutiques. Chez Raiffeisen, nous avions déjà relevé nos prévisions conjoncturelles selon la même logique. Nous tablons sur une croissance de 1,7% en 2026. Pour 2027, nous sommes un peu plus prudents et tablons sur 1,3%. En outre, il n’y a actuellement pas de raisons de s’inquiéter de l’inflation. En septembre, les prix se sont maintenus par rapport au mois d’août, et l’inflation s’est élevée à 1% par rapport à l’exercice précédent.

Micron donne le ton

Le bouclement trimestriel du fabricant de semi-conducteurs Micron Technology peut être considéré comme un indicateur des tendances du secteur de l’intelligence artificielle (IA), d’une part, et des attentes des investisseuses et investisseurs, d’autre part. Et Micron a réussi, et est même parvenu à répondre à des attentes élevées. Chiffre d’affaires, bénéfice et perspectives… Tous les indicateurs surpassent les prévisions des analystes. Pourtant, l’action a stagné après la publication des résultats trimestriels, traduisant cette attente non dite du marché que l’entreprise ferait mieux.

Introductions en bourse compromises

Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais c’est quand même un signal: le fabricant d’anneaux connectés Oura a reporté son entrée en bourse, en raison des incertitudes sur le marché des IPO. Au total, l’entreprise entendait lever jusqu’à 2,2 milliards de dollars, un modeste montant en comparaison avec ceux mis en jeu en perspective de l’introduction en bourse des entreprises d’IA Anthropic et Open AI, qui attendent plusieurs fois cette somme de la part des investisseuses et investisseurs. Il semble désormais que l'argent ne coule plus aussi facilement. Le report des IPO de l’exploitant de centres de calcul SB Energy et du groupe de technologie nucléaire Holtec va également dans ce sens.

L’économie américaine tourne à plein régime

Aux Etats-Unis, les consommatrices et consommateurs font fi de l’inflation élevée, consomment courageusement et soutiennent ainsi l’économie. Ainsi, la consommation privée a continué de progresser en août. Reste à savoir si cela va durer, d’autant plus que la confiance des consommatrices et consommateurs a été mise à l’épreuve en septembre, en raison de la hausse des prix de l’énergie le mois dernier, laquelle pourrait inciter les ménages à moins dépenser en raison de la contraction de leur revenu disponible. L’inflation, mesurée par l’indice PCE, s’est maintenue à 3,4% au cours de la période, soit un niveau nettement supérieur à la marge de fluctuation de la Fed, mais inférieur aux 3,7% attendus. Dès lors, de nouvelles hausses de taux sont quasiment certaines

Graphique de la semaine

«Just do it», la devise mondialement connue du fabricant d’articles de sport Nike vise à motiver les gens à exercer une activité physique. Ce qui est beaucoup moins motivant, en revanche, c’est l’évolution du cours de l’action de l’entreprise. Alors que l’ensemble du marché américain a plus que doublé depuis début 2021, les valeurs Nike se sont dépréciées de plus de 70%. Les chiffres d’affaires sont en recul, l’activité en Chine et les marges sont sous pression. Le fait que Kylian Mbappé soit désormais sous contrat chez On n’a pas non plus aidé. Il faudra encore du temps pour que la nouvelle stratégie porte ses fruits. Mais comme on dit: la nuit est toujours plus sombre avant l’aube, même si les derniers résultats ne le laissent pas entrevoir pour l’instant.

GROS PLAN

Des croisières qui ont le vent en poupe

L’organisateur de croisières, Carnival, a relevé ses prévisions annuelles en raison de la forte demande. Bien que les actions aient progressé de 13%, elles restent en baisse de 18% par rapport au début de l’année.

LE PROGRAMME

Climat de consommation en Suisse

Les données sur le moral des consommateurs en Suisse seront publiées le 9 octobre.

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