BCE: taux inchangés, bon vent à Lagarde!

Zouhoure Bousbih, Ostrum AM

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La France inquiète avec un PIB en recul de 0,1% au troisième trimestre.

© Keystone

 

La saison des résultats a rythmé les marchés d’actions américains. Après une tentative de rebond en début de semaine, le Nasdaq a reculé de 1,5%, tandis que le S&P 500 progressait de 1,3% et le Russell de 3%, reflétant une rotation hors de l’intelligence artificielle.

La Réserve fédérale américaine a préféré rester patiente malgré une inflation toujours élevée, avec un indice des prix des dépenses de consommation personnelle en hausse de 3,6% sur un an, et une croissance américaine désormais qualifiée de «forte». Le resserrement des conditions financières lui permet de marquer une pause, mais Kevin Warsh garde l’option d’une nouvelle hausse des taux des fonds fédéraux en décembre.

Les rendements des emprunts d’État américains ont baissé sur toutes les échéances. Le taux à dix ans a ainsi terminé la semaine sous les 5%, une première depuis la mi-septembre, malgré des cours du brut très volatils, avec un Brent à 117 dollars le baril, et de bons chiffres économiques. La croissance du produit intérieur brut a accéléré à 3,4% au troisième trimestre en rythme trimestriel annualisé, après 2,2% au deuxième. La forte contribution de la demande intérieure a permis de compenser celle, négative, du commerce extérieur.

Kevin Warsh a également annoncé des changements dans le déroulement des réunions du Comité fédéral de politique monétaire. Dès l’année prochaine, une réunion se tiendra sans vote sur la trajectoire des taux des fonds fédéraux. Ce nombre passera à deux en 2028.

La Banque centrale européenne marque une pause

En zone euro, le marché des emprunts d’État a attendu sagement la réunion de la Banque centrale européenne. Christine Lagarde a confirmé son départ anticipé pour le 7 février 2027. La banque centrale a maintenu ses trois principaux taux directeurs malgré l’accélération de l’inflation alimentée par la hausse des prix de l’énergie, tout en gardant la porte ouverte à une nouvelle hausse en décembre. Le prix du gaz européen a atteint 105 euros le mégawattheure. Un air de déjà-vu…

La Banque centrale européenne justifie sa décision par l’absence d’effets de second tour, un élément qui devrait être pris en compte dans ses nouvelles projections de décembre.

La France diverge

La croissance de la zone euro a surpris à la hausse au troisième trimestre, atteignant 0,4% par rapport au trimestre précédent et 1,3% sur un an. Cette performance tient, une fois encore, à la croissance irlandaise, qui s’est élevée à 5,5% sur le trimestre. Hors Irlande, la progression de la zone euro a été de 0,2%.

La France diverge de manière inquiétante. Son produit intérieur brut s’est contracté de 0,1% au troisième trimestre, après une stagnation au deuxième et un recul de 0,2% au premier. Atteindre la cible de croissance du gouvernement, fixée à 0,5%, impliquerait une progression de 0,9% au quatrième trimestre, ce qui paraît compliqué.

L’écart de rendement entre les obligations d’État françaises et allemandes à dix ans s’est creusé de plus de dix points de base sur la semaine, pour atteindre 165 points de base. Christine Lagarde a minimisé la perspective d’une intervention imminente sur les obligations d’État françaises.

Contrairement à leurs homologues américains, les indices boursiers européens ont enregistré de solides performances cette semaine, portés par une bonne saison de résultats : l’EuroStoxx a gagné 1,7%, le DAX 2,8% et le CAC 40 2,48%.

Le réal sous pression après la victoire de Lula

Sur les marchés émergents, le réal brésilien a été la devise la moins performante après la victoire de Luiz Inácio Lula da Silva. Il a reculé de 8% face au dollar, en raison du débouclement de positions de portage financées en yens.

L’attention se porte désormais sur la trajectoire budgétaire. L’annonce du prochain ministre des Finances sera déterminante pour les actifs brésiliens.

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