C’est un ministre de l’économie très serein qui a annoncé vendredi sa démission. Guy Parmelin tire sa révérence fin décembre. Fidèle à lui-même, il est resté dans la posture de président mais n’a oublié ni son humour, ni ses citations.
L’UDC originaire de Bursins (VD) avait pourtant assuré à plusieurs reprises qu’il resterait en poste jusqu’à la fin de la législature. Après onze ans passés au gouvernement, le Vaudois a fait part d’une volonté de laisser la place à des «forces vives en ces temps de grandes incertitudes».
«Le feu sacré n’est plus aussi sacré qu’au début», a ajouté M. Parmelin devant les médias, excluant toutefois tout problème de santé. Mais il a rappelé qu’il allait travailler jusqu’au 31 décembre «23h59 dernier délai». Après, «je passerai six mois à ranger mon bureau», a-t-il plaisanté.
Indiquant avoir pris l’été pour réfléchir, M. Parmelin estime qu’à un moment «il faut trancher et que le cimetière est rempli de gens qui se croyaient indispensables». «J’espère qu’il y a aura plusieurs personnes motivées, tant des parlementaires, que des élus cantonaux, lorsque mon parti (UDC) lancera l’appel à candidatures», a glissé le président de la Confédération.
L’UDC a déjà annoncé que les candidats avaient jusqu’au 23 octobre pour s’annoncer. L’élection devrait avoir lieu le 9 décembre.
La fonction de conseiller fédéral est très intéressante, «mais de plus en plus lourde à porter», a reconnu le ministre. «Depuis 2016, il y a de plus en plus de conférences au niveau présidentiel. Le Conseil fédéral doit donc trouver une manière de faire pour éviter que la Suisse ne soit absente de ce genre d’événements», explique le Vaudois.
Appel à ne pas se faire distancer
Le ministre a souligné que la Suisse était prête à relever les challenges, grâce à des finances saines et des entreprises innovantes. Mais «rien n’est jamais définitivement acquis», a-t-il averti. Guy Parmelin a appelé la Suisse à ne pas se faire distancer.
«Le monde et la géopolitique changent et nous devons nous adapter. C’est fini l’époque où on passait un coup de fil pour prendre rendez-vous avec un dirigeant.» Pour le ministre vaudois, «si nous ne nous adaptons pas, si la Suisse ne prend pas les décisions indispensables pour ne pas se faire distancer, nous risquons un réveil brusque.»
Un réveil brusque, il l’a vécu en août 2025, après l’annonce des droits de douane américains de 35%. «Un vrai coup de massue», se rappelle-t-il.
A l’inverse, M. Parmelin a estimé que le collège a réussi à mener la Suisse à travers la pandémie «de manière soft» en comparaison internationale. Même si des entreprises ont souffert. Les écoles n’ont fermé que pendant une quinzaine de jours. Et de souligner que le Pape avait salué la position de la Suisse à ce niveau.
Du DDPS au DEFR
Le Vaudois a succédé à Eveline Widmer-Schlumpf en décembre 2015. Il a d’abord pris les rênes du Département fédéral de la défense avant de passer à l’économie en 2019. Il a été président à deux reprises. En 2021, il a guidé la Suisse à travers la crise sanitaire et géré l’abandon des négociations avec l’UE sur un accord-cadre.
Les rumeurs de démission du vigneron se faisaient insistantes ces dernières semaines. M. Parmelin partira sur plusieurs succès, notamment les accords de libre-échange avec l’Inde et le Mercosur.