La livre hésite jeudi après le statu quo monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE), largement anticipé, tandis que le dollar relâche une partie de ses gains engrangés après la hausse des taux américains la veille.
Vers 13H05 GMT (15H05 à Paris), la livre britannique grappillait 0,02% face au billet vert, à 1,3384 dollar pour une livre, et cédait 0,21% à la monnaie unique européenne, à 85,86 pence pour un euro.
La Banque d’Angleterre a sans surprise maintenu jeudi son taux directeur à 3,75%, mais a remonté ses prévisions d’inflation au Royaume-Uni, en raison de l’envolée des prix de l’énergie engendrée par les hostilités au Moyen-Orient.
Les analystes demeurent divisés sur l’interprétation de cette réunion, certains tablant sur une ou plusieurs hausses de taux d’ici la fin de l’année, d’autres pariant sur un maintien.
Les chances d’une hausse en novembre dépendent entièrement de l’évolution des prix du pétrole et du gaz naturel, a résumé James Smith, analyste chez ING.
Depuis la reprise des hostilités le 30 août entre les Etats-Unis et l’Iran, le prix des hydrocarbures a en effet flambé. Le pétrole Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut, évolue actuellement au-dessus du seuil symbolique de 100 dollars le baril.
Dans ce contexte, la Réserve fédérale américaine (Fed) a rehaussé mercredi ses taux d’un quart de point pour atteindre une fourchette comprise entre 3,75% et 4%, une décision unanime, largement anticipée par le marché.
Son patron Kevin Warsh cherche ainsi à calmer la hausse des prix aux Etats-Unis jugée «trop élevée, depuis trop longtemps».
Cette annonce a déplu à Donald Trump, qui a réclamé sur sa plateforme Truth Social que les taux d’intérêt baissent «RAPIDEMENT». Il les voudrait à «1%, ou moins».
Au passage, «les prévisions de croissance et d’inflation (de la Fed, NDLR) ont été revues à la hausse et celles du chômage à la baisse», a souligné Francesco Pesole, analyste chez ING.
Au vu de ces données, la Fed projette désormais que les taux directeurs s’établiront entre 4% et 4,25% fin 2026, soit un cran plus haut que le niveau annoncé mercredi.
Or seulement deux réunions sont programmées dans l’intervalle, fin octobre et début décembre.
Après avoir bondi mercredi dans la foulée, le dollar cède désormais une partie de ses gains.
A l’inverse, l’or, valeur refuge concurrente, profite de ce repli pour remonter de 2,44% à 4.368,01 dollars.
Les analystes misent aussi sur le fait que Banque du Japon (BoJ) relèvera son taux directeur d’un quart de point vendredi, pour le porter à 1,25%.