La Banque d’Angleterre (BoE) a sans surprise maintenu jeudi son taux directeur à 3,75%. La banque centrale britannique a cependant remonté ses prévisions d’inflation en raison de l’envolée des prix de l’énergie engendrée par les hostilités au Moyen-Orient.
«Pour l’instant, les coûts de l’énergie plus élevés ont eu un effet limité sur la fixation des prix et des salaires au Royaume-Uni», a déclaré le gouverneur de la banque centrale britannique, Andrew Bailey, dans un commentaire joint au compte-rendu de sa réunion. «Mais plus cette volatilité persiste, plus grand sera son impact sur l’inflation, et plus importantes seront les probabilités que nous devions relever le taux directeur», a-t-il mis en garde.
Le Comité de politique monétaire de la BoE a voté à six voix contre trois pour le maintien de ce taux au niveau auquel il est figé depuis décembre. A l’inverse, son homologue américaine, la Réserve fédérale (Fed), a relevé ses taux mercredi pour les porter entre 3,75% et 4%.
La Banque d’Angleterre s’attend désormais à ce que l’inflation s’élève au-dessus des 4% au premier trimestre 2027, là où elle prévoyait en juillet un pic de 3,2% au dernier trimestre - révisé à 3,75%. La hausse des prix s’est accélérée à 3,1% sur un an en août au Royaume-Uni, principalement sous l’effet du renchérissement des carburants.
Hausse surprise du PIB
En outre, «les prix de l’alimentation pourraient grimper davantage en cas d’évènements climatiques (comme El Nino, ndlr), ainsi que la poursuite du conflit au Moyen-Orient et en Ukraine, qui perturbe les exportations agricoles et fait monter les prix des engrais», précise la BoE dans les «minutes» de sa réunion. En parallèle, le pays a enregistré en juillet une hausse surprise de 0,4% de son produit intérieur brut (PIB), une bonne nouvelle pour le gouvernement d’Andy Burnham qui doit présenter le 28 octobre son premier budget, très attendu.
Les inquiétudes sur l’inflation et la dette publique croissante des pays ont récemment provoqué l’explosion des taux d’emprunts à travers le monde --celui à 10 ans au Royaume-Uni ayant battu un record depuis 2007. Dans ce contexte, la Banque d’Angleterre a annoncé ralentir le rythme auquel elle écoule les obligations d’Etat à son bilan, à 46 milliards de livres par an en moyenne, contre 70 milliards sur les douze derniers mois.
Face au choc provoqué par la crise financière de 2008 puis par la pandémie de Covid-19, les grandes banques centrales avaient acheté des obligations d’Etat et d’entreprises pour stabiliser les marchés. A partir de 2022, la BoE avait ensuite remis sur le marché cette dette britannique, afin d’avoir une marge de manoeuvre en cas de futur choc économique.
Son nouveau plan vise à ramener d’ici 2034 le stock actuel de 488 milliards de livres d’obligations au minimum nécessaire afin de garantir la monnaie nationale, en revendant des bons du Trésor britannique ou en les laissant arriver à maturité.