Marchés européens: la tech profite de Nvidia, mais la prudence demeure

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Francfort grappille 0,31% tandis que Londres lâche 0,79% et Milan 1,17%. Paris cède particulièrement du terrain (-1,51%), plombée par Pernod Ricard (-7,55%). A Zurich, le SMI recule de 1,09%.

Les bourses mondiales digèrent jeudi les résultats stratosphériques de Nvidia, première capitalisation mondiale, qui font grimper les valeurs tech sur toutes les places financières, même si la prudence demeure face aux incertitudes géopolitiques et monétaires.

Le géant américain des puces informatiques, baromètre de la dynamique de l’IA pour les marchés, a annoncé mercredi soir un bénéfice net de 59,7 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit +126% sur un an, et des perspectives «énormes» pour 2027, selon son PDG Jensen Huang.

La directrice financière, Colette Kress, a indiqué pour sa part que le groupe tablait sur une progression de 70% de ses revenus lors de l’exercice fiscal clôturé fin janvier 2028.

Ces résultats ont «renforcé l’optimisme des investisseurs quant à la poursuite, l’année prochaine, de la croissance fulgurante actuelle de la demande en matière d’intelligence artificielle», relèvent les analystes de la Deutsche Bank.

La dynamique liée aux investissements massifs des géants de la tech pour développer l’IA est le principal moteur de la croissance des marchés d’actions mondiaux depuis plusieurs mois.

Dans la foulée de cette publication, le titre de Nvidia gagnait donc plus de 7%, vers 15H50 GMT, à New York. L’action tirait le Nasdaq des valeurs technologiques, qui prenait lui-même 1,05%. Le S&P 500 prenait 0,50%.

En Europe, les champions locaux du secteur des semi-conducteurs ont profité de ce mouvement, à l’image de STMicroelectronics à Paris (+2,92%) et Infineon à Francfort (+3,19%).

La prudence reste de mise

Mise à part la tech, les investisseurs demeurent toutefois sur la réserve, entre incertitudes géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient, la montée de l’inflation et des doutes sur la soutenabilité de la dette dans les grandes économies.

En Europe, Francfort a grappillé 0,31%. Londres a cédé 0,79% et Milan 1,17%. Paris a particulièrement cédé du terrain (-1,51%), plombée par Pernod Ricard (-7,55%) qui a annoncé un bénéfice annuel en recul de 26% à 1,2 milliard d’euros.

Le CAC 40 a aussi été «pénalisé par les incertitudes politiques et budgétaires en France», à un peu plus d’un mois de la présentation du dernier projet de budget du quinquennat, explique à l’AFP Isabelle de Gavoty, gérante actions à AllianzGI.

A Zurich, le SMI a cédé 1,09%.

Hors du Nasdaq, l’indice Dow Jones à Wall Street, qui rassemble des valeurs considérées comme plus traditionnelles, grappillait 0,27%.

Les marchés sont toujours freinés par des chiffres de l’inflation américaine plus élevée qu’anticipé pour le mois de juillet, avec un indice PCE ayant stagné à 3,7% sur un an, là où les investisseurs s’attendaient à une légère baisse, autour de 3,6%.

Dans ce contexte, les investisseurs s’interrogent sur la future politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et devraient, à ce titre, suivre la réunion des banquiers centraux à Jackson Hole qui débute ce jeudi.

«Le discours de Kevin Warsh», le nouveau président de l’institution, «aura une importance particulière» pour «envoyer un signal important de ce que sont les perspectives de la Fed», selon Fawad Razaqzada, de Forex.com.

D’ici là, «les investisseurs pourraient se montrer réticents à renforcer leur exposition aux actions», ajoute-t-il.

Le pétrole en légère hausse

Les prix du pétrole étaient eux en légère hausse. Vers 15H50 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, gagnait 1,21% à 88,90 dollars. Le WTI américain grappillait 0,18%, à 82,38 dollars.

En début de semaine, l’Iran et Oman, tous deux riverains du détroit d’Ormuz, qui négocient depuis des semaines les futures modalités de passage, ont dit discuter d’un accord-cadre établissant un «couloir temporaire» et prévoyant une opération de déminage.

Toutefois, la situation sur place reste tendue: un navire a été touché par un «projectile inconnu» qui a provoqué un incendie à bord, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi l’agence maritime britannique, UKMTO.

Côté obligataire, le taux d’intérêt de la dette américaine à échéance dix ans atteignait 4,65%, contre 4,64% la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, affichait un rendement de 3,24%, contre 3,23%. 

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